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Z.P.P.A.U.P. LES OBJECTIFS DE LA ZPPAUP La commune d'Annot dispose d'un patrimoine historique particulièrement riche et varié qui constitue le fondement de son identité. De longue date, afin de préserver ce patrimoine, la totalité de la ville a été couverte par des périmètres de protection des abords des Monuments Historiques. Mais ce système de protection, souvent mal compris par les usagers, reste imparfait et n'a pu empêcher la dégradation d'une partie de ce patrimoine ainsi que la réalisation de constructions en rupture avec l'aspect d'ensemble de la ville. Afin d'une part, de remédier à ces lacunes, c'est à dire d'améliorer la protection de ce patrimoine exceptionnel et d'autre part, de permettre à la ville une meilleure gestion de celui-ci, la commune d'Annot, en accord avec les services concernés de l'Etat, a décidé l'élaboration et la mise en place d'une Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (Z. P. P. A. U. P). La Z.P.P.A.U.P. fixe une "règle du jeu" claire qui comprend à la fois la délimitation d'un périmètre de protection adapté aux enjeux architecturaux, urbains et paysagers et la définition de règles et de recommandations qui serviront de guide à la commune, aux pétitionnaires et à l'Architecte des Bâtiments de France.
. Le premier est plus particulièrement lié à la protection et à la mise en valeur du patrimoine, . Le second esquisse des schémas d'aménagement et de restructuration du tissu urbain au regard des évolutions envisagées. Dans un premier temps nous avons constitué un état général du site. Cette approche, réalisée à partir de la compilation d'études, d'enquêtes et de relevés sur place, a permis d'aboutir à une proposition de délimitation d'un périmètre pour la ZPPAUP puis de définir au sein de ce périmètre des secteurs homogènes, enfin d'élaborer les prescriptions générales et spécifiques pour chacun de ces secteurs. 2)- Le règlement annexé s'est attaché plus particulièrement à définir des principes applicables : - au secteur central qui englobe: . le centre historique d'Annot et les jardins remarquables attenants, . les prairies et vergers du fond de vallon, un premier secteur d'accompagnement qui correspond aux extensions urbaines contemporaines où sont repérés des secteurs sensibles ayant valeur patrimoniale. - au secteur d'accompagnement paysager qui englobe :
- aux chemins et ambiances caractéristiques. - aux fronts bâtis qui constituent des ensembles architecturaux homogènes remarquables. Tous ces éléments sont répertoriés sur le plan de zonage qui constitue le document de référence de la ZPPAUP. 3)- L'étude prend en compte deux degrés dans l'accompagnement d'un monument historique classé ou inscrit : . Il s'agit dans un premier temps, de "l'enveloppe" proche du monument qui contribue à sa compréhension et à sa perception, . Au-delà de cette enveloppe "de contact", il existe un tissu urbain et un tissu paysager qui assurent le support général du site dans lequel s'insère le monument. 4)- Dans la partie concernée par la zone centrale de la ZPPAUP, correspondant au centre ancien, une enquête sur l'ensemble des immeubles a été entreprise faisant ressortir deux critères principaux : . la qualité architecturale, urbaine et patrimoniale, . l'état du bâti. Les immeubles ont été considérés comme des unités élémentaires et ont été analysés en fonction de :
Une appréciation subjective en résulte qui aboutit à une classification en différentes catégories, volontairement limitées, pour l'état existant, à quatre familles, répertoriées de 1 à 4 .
Première partie LE TERRITOIRE COMMUNAL Commune de moyenne montagne au climat adouci par des influences méditerranéennes venues de la vallée du Var, Annot fut dès le début du siècle une station de tourisme pour les Niçois. Aujourd'hui, elle apparaît comme un village relativement isolé à mi-parcours entre Nice et Digne, logé dans la vallée de la Vaïre, affluent du Var. Chef lieu de canton, sa superficie de 2980 hectares compte une population de 1 100 habitants en constante progression. I - Paysages TOPOGRAPHIE Le territoire communal se caractérise par le modelé de son relief : une ceinture de montagnes divisée par des vallées où se logent le village et ses deux hameaux, Ces montagnes font aussi la renommée du village : de surprenants blocs de grès dressés émergent de la forêt. Annot s'est installée sur un mamelon gréseux à la confluence de la Vaïre et de la Beïte, puis a franchi les deux rivières. ENTITES PAYSAGERES Le périmètre considéré se limite à la partie des bassins versants de la Vaïre et de la Beïte la plus en contact avec le village. C'est une unité paysagère, morphologique et visuelle. L'occupation des sols suit le relief : une forêt sur les versants, des terrasses anciennement cultivées en pied, lorsque la pente se fait plus douce et la terre plus riche, et dans le fond de vallon, prairies, vergers et jardins potagers progressivement remplacés par les extensions du village. L'ensemble est harmonieux car encore sous-tendu par une logique de terrain. Certains éléments que l'on retrouve dans chacune des unités participent à cet équilibre par un jeu de correspondances, ainsi la pierre et l'eau, renvoyant respectivement aux montagnes et aux vallons. COMPOSANTES MAJEURES : LA PIERRE Utilisé pour toute construction ancienne, le grès est omniprésent, dons le village mais aussi dans les cultures, à travers canaux, murs et dalles. Plus loin, il reste naturel et s'impose en blocs énormes. Travaillé pendant des siècles, le grès témoigne de l'évolution des techniques de taille et d'agencement.
COMPOSANTES MAJEURES : L'EAU L'eau est un autre fil conducteur : la vallée du Var, puis celle de la Vaïre pour l'automobiliste venu de Nice, des bords de Vaïre aux fontaines et lavoirs, des berges jardinées de la Beïte aux canaux, ravins et ruisseaux... L'eau partout ruisselle et s'écoule, s'écoute lorsqu'on ne la voit pas, Présence de l'eau : L'eau abonde en sources, ravins et ruisseaux, Facteur de développement, elle était utilisée pour l'irrigation bien sûr mais surtout pour l'alimentation des usines de draps. Ainsi de nombreux canaux traversent encore le territoire communal et participent, avec les fontaines et lavoirs, à Ici mémoire du village, LES VUES Le village ancien occupant le fond de vallée, il faut s'élever pour le saisir dans sa totalité, comprendre sa structure. C'est donc souvent à pied que l'on découvre les plus belles vues, Annot a su préserver une répartition très claire des occupations sur son territoire et offre ainsi un paysage équilibré de grande qualité, Mais ces vues sont aujourd'hui compromises par l'abandon des terrasses et leur transformation progressive en bois. Inversement, depuis le village, nombreuses sont les vues associant bâti et coteau, Les montagnes apportent du caractère, mais aussi une assise, offrent des échappées, une profondeur ; le tissu urbain bien que très dense "respire", Les différents versants étant clairement distinguables (le baou de Parrou, les Espalluns ou les Garambes, les ravins...), la présence de l'un ou l'autre en fond se lit comme autant de repères dans un tissu urbain dense et tortueux.
II - Le VILLAGE HISTORIQUE Le premier site d'implantation du village sur le coteau des grès est abandonné entre 1084 et 1381, les habitations se regroupent alors dans la vallée cultivable, autour de l'église Saint Pons ; l'émergence gréseuse proche de la Vaïre est fortifiée. En 1382, le village s'étend au sud, les remparts sont agrandis. Au XVème, la rue Notre Dame est longée par une série de maisons fortifiées, puis au XVIème, c'est la Basse rue qui est créée. Les maisons sont hautes et serrées car il s'agit de bâtir dans un espace le plus restreint possible pour mieux se protéger. Les rues sont très étroites, sans ordre apparent, l'espace public limité. Au XVIlème, des maisons sont édifiées en dehors de l'enceinte, mais avec encore possibilité de repli puis, au XVIllème, cette extension autour de l'église s'affirme, les remparts sont percés de fenêtres et de portes. Le village s'étend également autour du chemin de Vers la Ville, le long de la Beïte et de l'avenue du Foulon. Début XIXème, la rue du Peyrard est bordée de bâtiments, puis, à partir de 1860, la route départementale et le boulevard Saint Pierre, Ces immeubles alignés sont plus imposants, les voles rectilignes plus larges. Enfin, accompagnant la construction du chemin de fer, le quartier de la gare se crée. Le type architectural est alors celui de la villa de villégiature, les ornements sont nombreux, les jardins d'agrément. De l'autre côté de la Vaïre, les premières maisons s'implantent. La grand place est agrandie en 1897 par remblais sur la Vaïre. Depuis, la croissance s'est effectuée sur la rive droite de la Vaïre et en direction des Scaffarels, La demande est importante, le nombre de logements est passé de 611 en 1968 à 785 en 1994. L'habitat est pavillonnaire, en lotissement ou collectif, Bien que les implantations anciennes et récentes soient dans des zones bien distinctes au sol, centre historique et nouvelles extensions sont souvent associés dans les vues d'ensemble. Le style architectural choisi aujourd'hui a donc une gronde importance visuelle, d'autant plus que les constructions s'égrenant le long de la pente, chacune est rendue visible. TRAMES URBAINES Les tracés urbains diffèrent selon les modes d'extensions successifs qu'a connu Annot : . le plus ancien se compose de ruelles étroites et tortueuses formant des boucles autour du noyau bâti, . les constructions du siècle dernier tenant plus du village-rue n'ont engendré que quelques dessertes perpendiculaires à la route départementale, les dernières extensions ont envahi la rive droite de la Vaïre, les voles suivent les vallons et se déploient en éventail. Le vieux pont étant l'unique point de franchissement de la Vaïre, les relations entre village ancien et actuel sont étroites. La grand place est un lieu central et le noyau ancien, regroupant commerces et services, reste très attractif pour les habitants. Les usines et supermarchés sont implantés à la sortie d'Annot tandis que la rive droite accueille différents centres de vacances et activités culturelles. TRAMES PAYSAGERES Attribution des sols du fond de vallée L'étude de la répartition de l'occupation des sols permet de saisir et de délimiter les ambiances rencontrées qui, enchaînées les unes aux autres lors d'une promenade, forment l'image d'Annot. Le fond de vallée est un paysage encore ouvert car composé de prairies de fauche et de vergers peu denses. Malgré la forte déprise agraire et la progression du bâti résidentiel, l'ambiance reste agricole, beaucoup de jardins sont potagers et les pavillons Implantés ont conservé les arbres fruitiers. Au-delà de la vole ferrée, la pente se fait plus raid e ; ces parcelles moins accessibles sont très souvent délaissées et la friche gagne puis la forêt, ce paysage de terrasses se referme. LES JARDINS Annot est un village de moyenne montagne vivant, respectant son passé mais aussi évoluant. Malgré la déprise agricole et l'affluence touristique, Annot n'est pas devenu un "village-musée ". L'atmosphère reste rurale, "authentique", la culture populaire y produit ce qu'elle a de plus attachant. Certains jardins, non classés comme remarquables, jouent un rôle essentiel dans la composition de cette image. Potagers: Il n'est pas rare d'en voir encore, même s'ils tendent ici comme ailleurs à disparaître ; leur ordre soigné et les légumes exhibés répondent avec justesse à l'impression de campagne. Anciens vergers : De nombreuses maisons se sont construites sur les vergers qui, entouraient le village. Les arbres fruitiers ont souvent été conservés. En faisant écho aux cultures encore en place, ces jardins particuliers participent à l'image caractéristique des fonds de vallée de la région et permettent d'intégrer les nouvelles extensions urbaines aux anciennes. Jardins d'agrément : Le quartier de la gare qui contraste avec cette ambiance populaire rappelle une autre période de l'histoire du village. De campagne vivrière, il est devenu campagne de villégiature des niçois, se construisant alors des villas au milieu de jardins plantés d'essences décoratives. Conifères et platanes pointent en bosquets dans le paysage. L'ambiance à préserver émane de l'ensemble. ne s'agit pas de réglementer les plantations en domaine privé mois plutôt de sensibiliser les propriétaires à Io voleur patrimoniale de leur jardin (création d'une exposition, publication d'un guide.....) POTENTIEL TOURISTIQUE Activité industrielle et services Si la population est en augmentation depuis 1975, c'est que les emplois créés dans les secteurs secondaire et tertiaire ont attiré de nouvelles familles. Manufactures, commerces et artisans connaissent donc un développement croissant, Annot est un village vivant, sa population est jeune. Agriculture L'activité agricole est elle en régression et l'abandon des cultures se lit dans le paysage à travers la progression des friches. Le maintien de ces espaces ouverts est aujourd'hui compromis. Tourisme A Annot, le tourisme est une tradition. Depuis le début du siècle, le village était un lieu de villégiature. Mais la fréquentation accuse une forte baisse encore accentuée depuis 1995. Alors que 500 enfants étaient accueillis en 1975, ils sont moins de 1 00 actuellement. Divers équipements, notamment pour le tourisme social ont été réalisés ou programmés, la commune considérant le tourisme comme un potentiel d'activité à développer en priorité, Depuis 1982, Annot est une des 8 communes de l'association Villages et Cités de caractère des Alpes de Haute Provence. La demande de ZPPAUP s'inscrit en continuité des efforts et de la volonté de protection du patrimoine tant architectural que paysager. La qualité de l'accueil est à soigner, ski de fond, randonnée, escalade mais aussi patrimoine architectural sont autant d'atouts et de supports d'activités, sportives et culturelles, à conforter. Il faut veiller à l'intégration de ces équipements (parkings saisonniers, parcours et signalétique, sites d'escalade ... ).
III - Les ENJEUX 1)- LES ZONES DE PROTECTION EXISTANTES : Le nombre de traces historiques rencontrées sur le territoire communal font que les diverses protections du patrimoine applicables couvrent déjà une partie du périmètre à protéger. Cependant, ces protections sont souvent ponctuelles, La ZPPAUP, par la définition de son périmètre, complètera ces mesures dans une perspective d'ensemble, Les sites et monuments protégés : Monument historique, servitude au POS : AC1 - Chapelle de Vers-la-Ville Inventaire Monuments Historiques : 18-01-67. - Croix couverte près de la RN 208 + bande d'un mètre de large à l'entour CI. MH : 15-09-28 Site naturels et urbains, servitude au POS : AC2 - Sentier dit "Vers la Ville" et chemin de croix Site Inscrit : 06-04-46 - Rochers et groupes de rochers : massif de la Chambre du, Roi jusqu'à Vers-la-Ville, massif de la Chapelle de Vers-la-Ville jusqu'à la Beïte, rocher dénommé 'La Dent du Diable', -rocher aux Cent marches et de Moulard, massif de rochers au-dessus de la voie de chemin de fer. Site Classé : 11-01-21 - Chapelle de Vérimande et maison des Templiers : parcelles 289 - 299p - 301 p - 311 - 31 Ibis - 312. S.Ins. : 06-04-46 - dans le village : l'église, la maison à arcades, le portail de la Grand rue, les vieux ponts sur la Beïte et la Vaïre. (voir agrandissement page suivante) 2)- LES ELEMENTS STRUCTURANTS : Le territoire s'organise à deux échelles. La première, celle du grand paysage correspond aux différents coteaux et vallées, la seconde considère à un niveau plus détaillé le village et son environnement direct, Le grand paysage : Une vallée encaissée et un vallon entourés de trois versants. Les coteaux de la Blache, des Grès d'Annot et de la Colle se distinguent par des modelés, des expositions et des émergences rocheuses différents. De fortes pentes avec éboulis et massifs de grès pour les deux versants nord, une pente moins abrupte mais striée de ravins pour le versant sud. Le village et son environnement direct : Les divers modes d'occupation des sols se répartissent selon la topographie comme une stratification en étages marquée par des parallèles 'horizontales" que sont la Vaïre, la vole ferrée, la barre des grès et la ligne de crête. De bas en haut se succèdent donc de grandes unités facilement reconnaissables : le village et ses jardins, les terrasses et la forêt. D'autres éléments, tels que la butte de Vérimande, le centre ancien, le viaduc et la pointe du baou de Parrou, servent aussi de repères ponctuels.
DELIMITATION du PERIMETRE 1)- LE PERIMETRE Le périmètre de la ZPPAUP utilise aussi bien les limites physiques que visuelles. Deux secteurs sont distingués, séparés par une rupture de pente matérialisée par le passage de la voie ferrée :
Chaque secteur comporte plusieurs entités paysagères, Le secteur central se divise en quatre entités que sont le centre historique, les extensions caractéristiques, le fond de vallon et les prairies du bord de Vaïre. Le secteur d'accompagnement distingue lui les terrasses des coteaux de grès. L'analyse de chaque entité paysagère fera l'objet d'un chapitre particulier. Dans un souci de hiérarchie, la ZPPAUP ne comprend pas le coteau de la Colle bien que les rapports visuels avec l'ancien village soient étroits. Sa prise en compte nécessiterait en effet d'englober la quasi-totalité du territoire communal et les dispositions au POS ont semblé ici suffisantes. A. le secteur central LE VILLAGE L'entité "village" se compose d'un noyau et des périphéries urbaines qui en conditionnent l'approche. Le centre comprend le bâti ancien et les jardins attachés à sa structure tandis que les périphéries correspondent aux pavillons caractéristiques les plus proches. Cette entité regroupée donc différentes époques et valeurs patrimoniales qui seront par la suite distinguées et hiérarchisées. LE CENTRE HISTORIQUE (secteur A1) Il comprend : - le village historique (bâtiments et jardins attenants) autour de l'église, jusqu'à la rue St Pierre et au groupe d'immeubles situés de part et d'autre de la Beïte, - La chapelle de "Vers la Ville" et les jardins en terrasse attenants ainsi que le sentier et le chemin de croix, C'est le secteur historique d'Annot et un des pôles touristiques majeurs, L'ensemble de ce secteur se caractérise par une valeur unitaire forte que l'on découvre - au fil des cheminements dans les ruelles -avec des vues en enfilade sur les façades d'immeubles, - à partir des espaces publics avec des vues frontales Identifiant des ensembles bâtis cohérents, - au cas par cas, lorsque la valeur individuelle des bâtiments et leur mise en situation 1e permet. Les objectifs de valorisation de ce secteur sont relatifs à l'aménagement et à la mise en valeur des espaces publics, d'une part et d'autre part, à la réhabilitation des façades des immeubles. Pour cela, il apparaît souhaitable de renforcer les outils de gestion dont dispose la commune et les services des Bâtiments de France pour préserver le tissu bâti des interventions intempestives liées aux matériaux, aux techniques et aux usages contemporains. LE BATI De façon à compléter l'analyse de la structure urbaine et architecturale, un relevé des hauteurs et de l'état du bâti a été réalisé et a été matérialisé sur les plans annexés au présent document. De plus et afin de faciliter la gestion de la ZPPAUP, le bâti a été classifié en 4 catégories d'immeubles. Cette classification a été réalisée en fonction des valeurs patrimoniales, urbaines et architecturales des immeubles. La première catégorie correspond aux immeubles dont la totalité ou une partie est protégée au titre des monuments historiques ou inscrite à l'inventaire. On retrouve par exemple l'église et ses abords, la chapelle de 'Vers la Ville', les maisons donnant sur la Beïte, les maisons à arcades... La seconde catégorie concerne la grande majorité des immeubles du centre ancien. Il s'agit d'immeubles de type "maison urbaine" à l'architecture simple mais dont l'homogénéité des groupements et des volumes participe fortement à la cohérence de la structure du centre. La troisième catégorie est relative à un bâti qui ne présente aucun Intérêt particulier et dont la modification ou la reconstruction peuvent être envisagées. La quatrième catégorie concerne des immeubles dont, soit la structure est fortement dégradée (ruine), soit l'architecture est en rupture avec la typologie et la morphologie générales du centre (modèle et matériaux inadaptés), soit l'implantation crée des ruptures dans le tissu bâti existant. Cette catégorie concerne un bâti sans valeur architecturale ou patrimoniale qui est appelé à disparaître à l'occasion d'opérations identifiées de restructuration urbaine. Les différentes catégories d'immeubles sont repérées sur ce plan et chaque bâtiment des familles 1 et 2 fait état d'une fiche descriptive LES JARDINS REMARQUABLES Deux parcelles non bâties semblent jouer un rôle particulier dans la découverte de l'ancien village. L'une, plantée de grands arbres ornementaux, parle de l'aisance passée, l'autre, prairie close de murs de pierres, rappelle les structures agricoles anciennes, Aujourd'hui, ces parcelles privées, bien que fermées, accompagnent immeubles et rues et participent aux vues d'ensemble ; leur valeur patrimoniale mérite d'être protégée, LA CHAPELLE DE VERS-LA-VILLE L'église Notre Dame de Vers la Ville remonterait au IXème siècle. Elle se serait située aux abords de l'ancien village d'Annot, avant que celui-ci ne "descende" dans le fond de la vallée. Implantée sur les premiers contreforts de la colline, dans un paysage de restanques ponctué ' de blocs de grès et de potagers, elle constitue un des sites historiques importants de la commune. Son inscription dans le paysage en fait un lieu d'autant plus pittoresque que le chemin de croix qui la relie au village traverse tour à tour les pâturages et les vergers du fond de vallon, puis franchit la vole ferrée et grimpe par un sentier dallé escarpé à travers les restanques, ménageant au fur et à mesure de la progression des vues plongeantes sur tout le territoire communal. C'est un secteur sensible et fragile qui pourrait voir son équilibre rompu par une dénaturation du cheminement, de ses limites ou des vues qu'il ménage. L'objet de la protection identifie : - les parcelles à protéger, - les zones de vue, - les clôtures et les limites. EXTENSIONS CARACTERISTIQUES (secteur A2) Le secteur A2 englobe les extensions du centre historique qui se sont opérées à partir du XIX ème siècle jusqu'à aujourd'hui. Celles-ci définissent des espaces urbains à part entière (place du Revelly, quartier de la gare), des espaces d'accompagnement du centre ville traitant les entrées de ville (boulevard) ou les franges du centre ancien. Ces extensions sont suffisamment caractéristiques pour qu'elles fassent partie maintenant du patrimoine d'Annot. C'est à ce titre que la ZPPAUP les prend en compte et leur attribue un zonage particulier. A l'intérieur de celui-ci s'appliquent d'une façon générale les règles du POS, hormis dans les secteurs caractéristiques et sur éléments architecturaux ou urbains spécifiques mentionnés sur le document graphique. LA PLACE DU REVELLY La grand place d'Annot trouve sa forme actuelle en 1897, lorsqu'une digue est construite en bord de Vaïre, permettant le remblai et le nivellement de tout l'espace. Elle s'implante le long de la route d'Entrevaux et assure astucieusement l'articulation du centre ancien tourné jusqu'à cette époque sur la Beïte, avec la rivière de la Vaïre. Les maisons qui la composent, datent de la fin du XIXème siècle et imposent leurs façades simples mais rigoureuses, structurant le vaste espace public de la place. Même si chacune d'elles ne présente pas d'intérêt architecturai particulier, elles prennent toute leur valeur dans la composition d'ensemble et sont, à ce titre, difficilement dissociables, C'est à ce titre que toutes les façades des bâtiments qui composent la place sont répertoriées, dans la ZPPAUP sous l'intitulé de front bâti, impliquant que toute modification sur l'un ou l'autre de ces bâtiments doit se faire en cohérence avec l'ensemble des bâtiments du front, Les platanes (site inscrit) sont datés de l'année 1840. La place aujourd'hui est essentiellement occupée par un vaste parking. Sa position centrale et son impact dans l'organisation du village mériteraient une redéfinition de son aménagement, Les usages multiples (parvis de la Mairie, jeux de boules, terrasses de café, monument aux morts, parking...) font de cet espace le lieu de vie privilégié de toute la commune, C'est aujourd'hui un espace en devenir, nécessitant un remodelage de son traitement et de ses attributions. LES BOULEVARDS L'importance de ces artères qui introduisent l'entrée en centre ville est primordiale dans la perception que l'on aura de la commune. Le gabarit du bâti, le traitement des limites sont autant d'éléments qui conditionnent l'arrivée au village, lis participent au traitement des entrées de ville et sont à ce titre intégrés dons la ZPPAUP, lls se situent essentiellement de part et d'autre de la place du Revelly et se prolongent jusqu'au Scaffarels. Ils se caractérisent - à l'extérieur de la zone urbaine, par des vues en continu sur les coteaux et sur les grès et en limite par un muret de pierres taillées caractéristique. - dans le village, par des façades d'immeubles qui le bordent ou par des clôtures délimitant des jardinets dont certains méritent d'être préservés. LES VILLAS DEBUT DE SIECLE Elles se distinguent de la maison urbaine par leur situation plus ou moins isolée, au milieu d'un jardin ou d'un parc. Elles étaient exclusivement destinées à l'habitation, construites par la bourgeoisie de la Côte qui venait "se mettre au vert", Situées à la périphérie du centre urbain, souvent dans le prolongement des rues existantes, elles se regroupent en quartier : quartier de la gare, bords de Vaïre, Les matériaux utilisés sont souvent la brique ou le parpaing revêtu d'un enduit lisse ou tyrolienne colorés. Les couvertures sont réalisées avec de la tuile mécanique ou de type néo-provençal. Certains détails architecturaux (façades décorées, verrières, tuiles vernissées...) donnent une touche personnelle qui figent ces villas dons l'histoire d'Annot et méritent à ce titre d'être protégées, Comme pour les maisons de village, elles sont répertoriées sur une carte et chacune d'elle fait l'objet d'une fiche descriptive jointe en annexe du dossier. LES BORDS DE VAIRE La façade du village s'ouvrant sur la rivière n'est aujourd'hui que la façade arrière des bâtiments de la rue St Pierre. Pourtant, elle prend au fil du temps une importance grandissante du fait : - de la création des nouveaux quartiers sur la rive droite de la rivière, - des vues que l'on a à partir du chemin de randonnée sur l'autre rive. Cette façade mérite d'être prise en compte. L'objectif n'est pas de formaliser une limite ou d'identifier une typologie de clôtures ou de façade, mois d'avoir un traitement cohérent des berges, du bord de la rivière jusqu'aux pieds des façades ainsi qu'une incitation à prendre en compte dons les travaux de rénovation la façade arrière des bâtiments. Entretien des berges : Les vallons drainent aujourd'hui de plus en plus d'eau, du fait de la disparition de nombreuses restanques (qui ralentissaient et diminuaient le ruissellement sur les bassins versants). L'entretien des berges doit être une préoccupation majeure. Afin d'éviter la formation d'embacs, l'entretien devrait comprendre : - le nettoyage des déchets sur les berges (dus aux décharges sauvages) qui sont retenus par les branches basses, - la suppression des troncs d'arbres morts tombés en travers du lit, - la suppression des arbres pris dans les murets, Après leur mort, la , décomposition de souche et racines peut entraîner l'effondrement du muret, - l'élimination du lierre envahissent les arbres. Il peut faire périr l'arbre qui une fois sec tombera au milieu du cours d'eau, - le curetage du lit des cours d'eau parfois nécessaire quand celui ci est très encombré.
LES FRONTS BATIS Ils sont constitués en général d'immeubles n'ayant ni de véritables qualités architecturales ni d'intérêt patrimonial fort, mais qui, accolés les uns aux autres, constituent une façade générale remarquable, Ces fronts pour être perceptibles sont généralement localisés en bordure d'espaces publics où le recul autorisé permet de les visualiser globalement. Ils sont recensés principalement autour de la place du Revelly et sur les alignements de façade perceptibles sur l'arrière du village. Les modifications éventuelles de ces façades, même si elles restent ponctuellement possibles, sont à justifier par rapport à l'ensemble des bâtiments concernés. PARCOURS ET AMBIANCES APPROCHE DU VILLAGE L'analyse des perceptions est ici détaillée pour les arrivées depuis le littoral, dans une perspective donc plus touristique que quotidienne. En quittant la vallée du Var pour celle du Coulomp, le visiteur laisse derrière lui l'ouverture vers la Méditerranée, Lorsqu'il abandonne à son tour le Coulomp, l'espace se fait encore plus encaissé et sinueux. Puis, juste avant d'apercevoir les Scaffarels, l'immense surplomb du Serre, prémices d'un paysage étonnant. Il est à noter que l'emplacement des premières annonces du village au pied du grand viaduc permet déjà d'associer l'histoire du village à celle du chemin de fer de Provence, Arrivé aux Scaffarels, on laisse la route de Digne pour suivre la vallée, mais malgré ce fil conducteur, l'ambiance insensiblement change, se fait déjà plus intime. La route, perchée au-dessus de la Vaïre mais en contrebas des terrains constructibles, laisse peu d'échappées ; le village ne se pressent qu'à travers la densification progressive des maisons. La croix romane marque un seuil important entre prairies et habitat. La route rejoint ensuite le niveau des villas, les habitations se regroupent en alignement, puis s'ouvrent sur une large place, nous sommes au cur du village, au bord de la Vaïre. En poursuivant au-delà, la progression est similaire, mais la vallée ici élargie entraîne des transitions plus douces. Le traitement des abords du RD908 constitue la première et dernière image du village. Une attention particulière sera portée à la typologie des clôtures et à la conservation du muret de pierre. LES CHEMINS La voiture garée sur la grand place, la découverte du village s'annonce à pied, Les plus courageux, après une visite des rues tortueuses, s'aventureront au-delà, sur les chemins du fond de vallée, entre jardins et poulaillers, potagers et vergers. Pour visiteurs et habitués, Notre Dame de Vers-la-Ville et la gare sont les principales promenades. Dans les terrasses, au-delà de la vole ferrée, les chemins d'exploitation non entretenus disparaissent sous les broussailles, l'espace se referme. Seuls les parcours de randonnée menant à la Chambre du roi ou au Baou de Parrou restent praticables. D'autres parcours, comme le sentier des deux chapelles, les bords de rivière, certains chemins agricoles, mériteraient d'être aménagés, prolongés ou simplement indiqués. Ces chemins remarquables sont répertoriés sur le plan de la ZPPAUP ainsi que les actions de mise en valeur à mener (continuité des parcours, entretien et droit de passage, aménagement, protection des vues ... ). Les clôtures les délimitant ne devront pas, par leur traitement, dénaturer l'ambiance des lieux. Les moyens d'entretien des chemins agricoles concernés devront être assurés. LES PARCOURS URBAINS La qualité du traitement de l'espace public a une grande importance dans cette typologie urbaine où, petites ruelles étroites, passages voûtés et placettes ouvertes se succèdent. Chaque ruelle a son ambiance et la qualité du traitement de sol, des effets pittoresques, des équipements (réseaux apparents ou encastrés ... ), de l'éclairage public... confère à, l'ensemble une sensibilité et un intérêt particulier qui méritent d'être conservés, voire enrichis. Dans cette optique, chaque parcours dans la vieille ville a été inventorié et codifié sous forme de fiches, classant les perceptions, les effets visuels et pittoresques, les qualités des façades et des sols, les vues rapprochées, cadrées ou ouvertes sur le grand paysage, la qualité du mobilier et des équipements. Ces éléments permettent de définir une valeur urbaine d'ensemble existante, potentielle ou à restaurer.
LES CLOTURES Le traitement des limites de propriété est aussi important que celui de la parcelle elle-même. Elles participent en effet à la qualité de l'espace public mitoyen et conditionnent la perception autorisée sur l'espace privé. Près du village ancien, les clôtures sont simples, utilisant parfois des murs anciens, souvent des matériaux et plantes rustiques, Leur vocabulaire sans prétention correspond à l'ambiance de campagne vivante. Leur qualité principale est la transparence, offerte non seulement sur les jardins, mais aussi sur les montagnes. La promenade au fil des rues révèle jardins et paysage. Dans les parties récemment urbanisées, clôtures et jardins perdent ces qualités sans être mieux adaptés. Les haies taillées de persistants forment un front opaque peu évocateur de la région. Il est important que soient préservés l'ambiance de campagne, les vergers, afin qu'Annot ne devienne pas un quadrillage pavillonnaire "aux normes", dénué de caractère. Les parcelles le long de la route départementale préparent à la perception du centre ancien. L'aspect de leurs limites ne doit pas en contredire l'ambiance. LE FOND DE VALLON secteur A3 Les vergers et prairies du fond de vallon constituent certainement le secteur le plus fragile de la ZPPAUP, A Annot, l'extension urbaine s'étant faite de l'autre côté de la Vaïre, les abords directs de l'ancien village ont été préservés. Il est ainsi aujourd'hui encore possible d'observer l'ancien mode d'organisation des territoires communaux, ailleurs trop souvent disparu sous les "poussées" urbaines. La valeur patrimoniale de ces cultures est donc d'abord d'ordre structurel, spatiale Mais les nombreuses traces du passé (vieux fruitiers, pigeonniers, canaux, murs de pierre ... ) les dotent aussi dans le détail d'une valeur plus ponctuelle, de l'ordre de "l'objet". Cette richesse est rarement reconnue, car contrairement aux constructions, les cultures sont éphémères" (même la vie d'un arbre fruitier, à l'échelle de l'histoire, paraît négligeable), et l'on comprend souvent mal la valeur de l'empreinte du temps, Leur périmètre est, au nord et à l'est, clairement délimité par le passage de la voie ferrée (qui correspond à une rupture de pente), mais au sud il est beaucoup plus difficilement cernable car aux cultures succèdent et parfois se mêlent les potagers et les jardins, qui eux appartiennent à l'entité "village". ELEMENTS DU PATRIMOINE L'ambiance du fond de vallon est particulière. Loin des voies de communication actuelles, il se présente, entre les façades anciennes et les terrassements ouvragés du chemin de fer, comme une carte postale ancienne. Paysage calme que le promeneur traverse à sa sortie du vieux village pour rejoindre ici chapelle de Notre Dame de Vers-la-Ville, rendu fragile par l'abandon des vergers.
Eléménts du patrimoine La promenade sur les chemins du fond de vallée est une visite historique. Les traces du passé agricole sont partout, même si l'espace se transforme et que les cultures disparaissent, la structure reste là. Les éléments de ce patrimoine importent individuellement bien sûr, mais aussi dans leur relation avec l'ensemble, leurs correspondances: un mur de soutènement acquiert de la valeur dans sa succession à d'autres qui finissent par strier la pente de terrasses. Il faut être très attentif à cet équilibre et ne pas rompre ces liens sans lesquels les objets perdent une grande partie de leur sens, Répertoriés par la ZPPAUP, une réglementation particulière, selon leur nature, assurera leur préservation dans un effort de cohésion d'ensemble,
HABITAT ISOLE ET JARDINS Dans le fond de vallée de la Beïte, vergers et prairies dominent. Cette ceinture de champs est ponctuée de cabanons et maisons individuelles, accompagnés de jardins. L'ambiance agricole du lieu n'en est pas perturbée, mais enrichie car diversifiée dans un registre cohérent (les jardins sont potagers, conservent les fruitiers ou utilisent des essences spontanées qui rappellent le bois tout proche). Cet équilibre est fragile. Quelques constructions récentes, mais surtout la transformation des prairies en "jardins de ville" vont engendrer rapidement une modification de la perception d'ensemble, Si les constructions se poursuivent, la bande de pavillons progressera au détriment des prairies, l'espace se refermera et le village ancien ne bénéficiera , plus de cet espace ouvert permettant recul et transition, compréhension des structures anciennes. Par conséquent, le fond de vallon est classé comme un espace inconstructible. Seuls les cabanons seront autorisés. L'occupation de l'espace tendra à respecter l'ambiance et le sentiment de "vide". Les clôtures devront préserver, notamment en bordures de chemins, les points de vue remarquables.
VERGERS Le paysage de champs qui entoure le village ancien est probablement très différent de celui qui existait au siècle dernier. L'absence d'activité aujourd'hui se lit dans les nombreuses prairies envahies d'asters sauvages, les vergers incomplets, non taillés. Le seul entretien encore pratiqué est la fauche, une fois l'an, par un agriculteur de Méailles. Ce qui perdure, c'est la structure, la qualité de l'espace, son ouverture. D'agricole et soignée, l'atmosphère est devenue presque "romantique" et répond avec justesse à la silhouette ancienne du village, appartenant elle aussi au passé. L'entretien de ces parcelles, rendues inconstructibles par la ZPPAUP, pourrait faire l'objet d'un programme spécifique mis en place par la commune. Des campagnes de plantation de vergers pourraient le compléter. Cultures anciennes : A travers les plantations anciennes, certaines habitudes, rythmes de vie, ou encore paysages disparus restent perceptibles (les noyers, par exemple, qui, à partir de 1870, ont remplacé les oliviers pour l'huile). La nature des terrains (altitude, présence de l'eau...) influençait le type des essences plantées. Sans que la répartition fut parfaitement rigoureuse, tel arbre indique donc des préférences et participe à la distinction des différents milieux. Noyers et cerisiers sur la rive droite de la Vaïre. Pommiers, poiriers et pruniers sur la rive gauche. Cerisiers et pruniers sur les terrasses. Châtaigniers sur les coteaux. Plantations récentes : Quelques jeunes plantations de chênes truffiers. Etat des vergers La culture des fruitiers reste très présente dans le paysage car plus d'une parcelle sur deux, aux abords de l'ancien village, en est encore plantée. Mais les vergers appartiennent au passé. Beaucoup d'arbres ne sont plus taillés ou trop vieux pour produire, d'autres se retrouvent au milieu de jardins. Très rares sont les parcelles replantées. A court terme, si la régression se poursuit, il ne restera que les parcelles indiquées en jaune et orange, l'ambiance d'ensemble en sera très certainement modifiée. LES PRAIRIES DU BORD DE VAIRE secteur A4
Les terrains longeant la rive droite de la Vaïre en amont du pont forment une longue bande libre de toute urbanisation. "Respiration" entre vieux village et quartiers nouveaux, signal de la rivière et assise de la butte de Vérimande, leur qualité paysagère tient à ce "vides" qu'ils constituent. Les parcelles accompagnant l'urbanisation récente sont aménagées pour différents sports. Les bâtiments les plus proches ont aussi vocation de loisir (salle des fêtes, gîtes, camping et colonie de vacances) ; l'ensemble forme un centre fréquenté autant par les touristes que par les habitants. La promenade le long de la Vaïre est donc un lieu de passage important menant au vieux village ou à la chapelle de Vérimande qui gagnerait à être mieux aménagé. Les terrains plus en amont servent de pâtures pour un centre équestre et pourront, à terme, accueillir des activités de loisirs. Il faudra alors veiller à préserver ce sentiment de vacuité.
B- le secteur d'accompagnement
LES PIEDS DE COTEAUX secteur B1 Les pieds de coteaux constituent une entité paysagère particulière, distincte de celles de la forêt et des vergers du fond de vallon, mais empruntant à chacune d'elles des éléments de leur vocabulaire. Ce paysage de terrasses qui permet une transition douce de l'une à l'autre est d'une grande valeur patrimoniale. Fragile, sa surface se réduit et son caractère est en pleines mutations La forêt progressivement déborde ses limites est et nord, fondis qu'au sud /a voie ferrée reste une limite plus affirmée. TERRASSES EN FRICHE Les cultures en terrasses Au début du siècle, céréales, vergers et pâtures artificielles couvraient encore une grande partie des versants. L'agriculture était de subsistance. La principale ressource provenait des fabriques de draps car depuis le XlVème siècle, Annot bénéficiant d'une franchise du droit de "pulvérulage" (impôt sur le droit de passage des bêtes), de nombreux troupeaux transhumaient par son territoire, Les montagnes affermées étaient couvertes de prairies en fleurs. Aujourd'hui, l'économie s'est complètement transformée et ses terres difficiles ne sont plus rentables. De sept agriculteurs actifs en 1975, il n'en reste qu'un seul en 1994 et les terrasses peu à peu disparaissent sous la végétation. Les friches Vergers récemment abandonnés envahis de végétation buissonnante, elles sont un milieu ouvert en évolution rapide, un équilibre éphémère où le passé résonne, nostalgique.
Vergers récemment abandonnés envahis de végétation buissonnante, elles sont un milieu ouvert en évolution rapide, un équilibre éphémère où le passé résonne, nostalgique.
La gestion de ces parcelles privées ne peut, vu leur nombre, être prise en charge. Cependant, la préservation des murs de pierres sèches sera imposée en cas de restauration.
Les COTEAUX secteur B2 La forêt d'Annot couvre les 5/6èmes du territoire communal. A l'échelle du grand paysage, les coteaux constituent donc le support, une ceinture verte entourant le village que l'il croise en permanence. Mais on y pénètre aussi souvent et le promeneur en découvre alors la richesse et la diversité intérieures, La ZPPAUP ne couvre pas la totalité des coteaux, elle les considère dans leur rapport avec le village. Sa limite basse correspondant au début des terrasses évolue avec la progression des friches et leur boisement, tandis que la limite haute de ce secteur est matérialisée par la barre de grès.
LES GRES Phénomène géologique, ces émergences rocheuses qui s'imposent au regard sont aussi un objet de curiosité pour le touriste. Nombreuses sont les visites menant à la chambre du Roi. Le grès est partout, sous toutes les formes, naturel ou taillé, en dalles ou blocs énormes dressés. Il a, dans le détail, valeur archéologique: escaliers et trous pour accueillir les poutres témoignent d'anciens villages autour de Notre Dame de Vers la Ville et de la Chambre du Roi. L'aménagement et la localisation des sites d'escalades seront réglementés afin que les blocs les plus remarquables ne soient pas altérés et la sécurité assurée (risque de glissement de terrain). Le balisage des sentiers sera amélioré. LA FORET Depuis un siècle, la forêt avance et son étendue est très supérieure à celle queue a longtemps eu Une première progression, fin XiXème, a été décidée par compagne de reboisement. L'abattage massif du siècle précédent (pour le bois et la mise en culture) avait provoqué des inondations et ravinements préoccupants. Un second accroissement, plus progressif car spontané, est lié à l'abandon des terres les moins accessibles. Les forêts des versants exposés sud, particulièrement riches et diversifiées, forment un manteau mélangé où les ambiances se succèdent : forêt de pins, sombre et dense, versants plus lumineux, couverts de châtaigniers ; ponctuellement, les ruisseaux et leur cascade de plantes spécifiques. Types de regroupement forestier rencontré selon le relief (seules sont indiquées les essences mles plus fréquentes)
Les coteaux, paysages rencontrés Les différents groupements végétaux alternent selon la pente, l'exposition, la présence d'eau ou la nature des terres et leur histoire. Les changements ne sont pas aussi francs que sur la carte de localisation ; les transitions entre -forêts de pins et de châtaigniers sont douces. Sous leur couvert, la strate basse d'arbustes et de vivaces varie aussi avec le milieu et différentes ambiances se succèdent alors tout au long de la promenade. Sans que cela soit imposé, les plantations viseront à conserver la diversité des groupements rencontrés, Les châtaigniers seront préférés.
3 Mesures de protection
PRINCIPES A1. Centre historique noyau et jardins attenants, intérêt historique du bâti, valeur individuelle et globale Grande valeur patrimoniale - protection forte et évolution limitée.
A2. Extensions caractéristiques Valeur patrimoniale ponctuelle, homogénéité et caractère de l'ensemble données par les jardins. valeur d'accompagnement: mesures de protection, d'évolution et de mise en valeur spécifiques par secteurs.
A3. Fond de vallée: valeur patrimoniale d'ensemble (mode d'organisation du territoire historique) intérêt global : un vide permettant le recul nécessaire à la lecture du village, Intérêt patrimonial également ponctuel (canaux, murs, constructions ... ) valeur patrimoniale d'accompagnement: préservation de la structure d'ensemble, mutation autorisée dans un cadre réglementaire précis.
B1. Les pieds de coteaux: valeur paysagère : espace de transition entre le village et la forêt. intérêt patrimonial d'ensemble dont la gestion n'est plus assurée, valeur patrimoniale ldentitaire : mesures incitant à le reprise de l'entretien.
B2. Les coteaux valeur paysagère : le "grand paysage", les grès, diversité, traces historiques et fréquentation touristique.
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