Politique Européenne

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Mémorandum présenté par le Bureau exécutif de l'A.E.M. (association européenne de la Montagne) auprès du Conseil des Ministres de l'Union européenne

" Pour une politique européenne de la montagne"

                                                                 

SOMMAIRE

Introduction

I - La situation de la montagne en Europe et son originalité justifient un engagement plus ciblé et plus marqué de l'Union européenne.

II - L'engagement accru de l'Union européenne en faveur des zones de montagne est unanimement souhaité.

III - Le développement équilibré et durable de la montagne doit être reconnu comme un "objectif d'intérêt communautaire"

- cinq propositions

- les problématiques et défis de la montagne européenne

- les actions à engager

Conclusion

 

INTRODUCTION

 

Les populations de montagne et leurs représentants demandent depuis de nombreuses années un engagement plus marqué de l'Union européenne en faveur des zones de montagne. Jusqu'ici cette demande est restée sans réponse.

Les représentants des territoires de montagne espéraient que, dans le cadre de la préparation de l'Agenda 2000, il serait procédé, d'une part à une analyse plus fine des évolutions des grandes zones territoriales spécifiques de l'Europe communautaire, et d'autre part, à l'affinement des politiques qui y sont conduites pour mieux cibler celles-ci et mieux adapter les actions à leurs particularités.

Une telle démarche apparaissait justifiée par plusieurs raisons.

Les politiques structurelles ont plus de 10 ans d'existence sous leur forme actuelle et nécessiteraient un bilan assez fin.

La réduction des moyens annoncée pour la prochaine programmation doit, à l'évidence, s'accompagner d'une efficacité accrue pour les territoires les plus en difficulté.

Enfin, un bilan territorial des effets de la PAC se révélerait particulièrement judicieux au moment où l'on souhaite de plus en plus prendre en compte la dimension spatiale de la politique agricole.

Ces bilans auraient permis de mettre en évidence combien certaines zones - se distinguant fortement de la majorité des autres territoires - évoluent à un rythme et dans des directions différentes et appellent, par conséquent, des mesures plus adaptées.

C'est notamment le cas des zones de montagne.

Mais de celles-ci il n'est pas question dans les analyses et propositions de l'Agenda 2000. Les représentants de zones de montagne n'ont trouvé dans ce document aucun commencement de réponse à leurs préoccupations. Le mot "montagne" n'y figure d'ailleurs pas. La position de la Commission européenne paraît, dans ce domaine, être marquée d'une très grande continuité.

En effet, à l'exception des mesures intéressant l'agriculture de montagne arrêtées dans leur principe en 1975, et qui sont toujours d'application, aucune prise en considération spécifique de ces territoires n'est intervenue dans la politique structurelle conduite depuis une dizaine d'années. A défaut d'objectif particulier, réclamé par certains, aucun programme d'initiative communautaire n'a été conduit spécialement en direction de la montagne, alors que de multiples ensembles territoriaux bénéficiaient de tels programmes ou à tout le moins d'une attention particulière de la Commission, notamment par des études et analyses : régions ultra périphériques, régions maritimes, îles, villes et zones urbaines, zones côtières, zones spécifiques, etc. Aucune communication, qui aurait justifié en amont une étude, n'a été présentée jusqu'à présent par la Commission sur cette question. Tout au plus la montagne est-elle citée dans le document Europe 2000, mais sous une forme purement descriptive et dans une assimilation aux zones rurales.

Tout se passe en effet comme si la montagne était considérée comme un territoire banal assimilable quant à ses caractéristiques, à ses difficultés, à ses problématiques de développement, aux autres territoires ruraux.

La position officiellement exprimée, ne varietur, est la suivante : les politiques communautaires, et notamment la PAC et les politiques structurelles, prennent en compte les zones de montagne dans le cadre de la mise en œuvre " normale " de ces programmes.

Les représentants des zones de montagne ne peuvent se satisfaire de cette réponse qui assimile purement et simplement les zones de montagne aux zones rurales et à la politique qui y est conduite.

Tout conduit au contraire à la distinguer et à justifier un engagement plus ciblé, plus marqué et plus spécifique de l'Union européenne : son importance pour l'Europe, les fortes particularités qu'elle manifeste, la valeur exceptionnelle de son patrimoine, les déséquilibres graves qui la marquent, la banalisation qui la guette. C'est parce qu'il existe une forte prise de conscience de cette situation et de ces dangers, qu'une large partie de l'opinion publique européenne, appuie cette demande d'engagement accru de l'Union, et des Etats, en sa faveur. Le souhait est unanime de voir reconnu le développement équilibré et durable de la montagne comme "un objectif d'intérêt européen".

 

I -   LA SITUATION DE LA MONTAGNE EN EUROPE ET SON ORIGINALITE JUSTIFIENT UN ENGAGEMENT PLUS CIBLE ET PLUS MARQUE DE LUNION EUROPEENNE.

 

Un territoire qui représente 30 % de l'Union européenne, qui regroupe une communauté de 30 millions d'habitants, qui joue un rôle aussi important pour l'économie et la société européennes, qui affiche une si forte identité par rapport au reste du territoire européen, qui constitue un patrimoine de premier ordre et qui connaît malheureusement des risques importants de dégradation, de déséquilibre et de banalisation, ne peut être, sans conséquences graves, assimilé aux autres territoires pour l'ensemble des politiques qui y sont conduites.

 

1- L'importance de la montagne pour l'Union européenne.

Ce territoire à forte spécificité couvre une partie très importante de l'Union européenne - 30 % environ - et rassemble une population non négligeable : près de 30 millions d'habitants. Mais les zones de montagne représentent plus de 50 % de la superficie du territoire de plusieurs pays de l'Union (Italie, Espagne, Grèce, Autriche, Portugal) et plus de 20 % en France et en Suède ainsi qu'une part significative en Allemagne, au Royaume-Uni et en Irlande (ces deux derniers pays ayant choisi le classement "zones défavorisées" ).

C'est, cependant, moins l'importance du territoire lui-même qu'il faut considérer, que le rôle que jouent ces régions dans la société et l'économie européennes contemporaines. Elles apportent à la société quelques-uns des biens "socioculturels" les plus demandés. Citons, sans souci d'exhaustivité : l'espace et la nature (vastes territoires faiblement artificialisés, possibilité de ressourcement, d'isolement, de contemplation, de contact avec la nature) ; la qualité et la spécificité des produits, sur le plan agricole mais aussi artisanal ou même industriel ; l'authenticité et l'originalité (comportements et modes de vie, relations... ) ; une culture originale et des traditions, la montagne ayant su globalement concilier tradition et modernité.

Mais son rôle économique est aussi irremplaçable notamment dans le domaine du tourisme, de l'agriculture, des productions à haute valeur ajoutée dans lesquelles elle trouve parfaitement sa place.

L'Europe des Quinze constitue sans doute la région du monde où la montagne représente un fait de civilisation particulièrement important qui a largement influencé son développement et qui garde, pour cette raison, une place importante dans son économie, sa structure sociale, sa culture. Il convient de rappeler, par ailleurs, que dans plusieurs des Etats membres, la montagne a joué un rôle fondateur dans l'identité nationale et que d'elle sont souvent partis de grands mouvements qui ont influencé le cours de l'histoire. Cette influence historique et culturelle persiste. Au total, la notion de montagne apparaît très chargée de sens.

 

2- Les fortes particularités montagnardes.

Le milieu montagnard est considéré par tous, et notamment par les experts et par les scientifiques, comme extrêmement original et spécifique. Il doit d'abord cette originalité à ses caractéristiques physiques : altitude, relief, climat. Ces trois composantes géographiques majeures de la spécificité montagnarde ont très largement déterminé les caractéristiques spatiales, socio-économiques, environnementales et culturelles de la société montagnarde et de son développement. Dans chacun de ces domaines, la montagne affiche une singularité et une spécificité tout à fait remarquables.

Au-delà de ces traits communs, qui représentent ce qu'il est convenu d'appeler "le fait montagnard", la variabilité de ces paramètres conduit à des situations très diverses qui s'affirment dans la personnalité de chacun des massifs montagneux. Ceux-ci apparaissent ainsi comme les éléments différenciés d'un même ensemble. Le fait majeur demeure, en effet, celui d'une forte différenciation de ces territoires par rapport à ceux qui les environnent, différenciation qui s'exprime sur tous les plans.

 

3- La valeur du patrimoine montagnard.

Le patrimoine culturel et naturel montagnard constitue sans aucun doute un des biens les plus précieux pour la société contemporaine.

Mais ce patrimoine n'est que rarement une donnée naturelle. Il résulte très largement de l'action de l'homme, des rapports que celui-ci a su établir avec la nature, des mentalités et des croyances qui étaient les siennes, et qui apparaissaient comme l'expression même d'une société agricole et rurale.

Ce patrimoine ne sera donc pas conservé exactement à l'identique dans la mesure où il concerne avant tout le vivant : si tel était le cas, la montagne aurait été changée en musée. Notre temps doit réinventer une nouvelle société montagnarde capable d'intégrer, d'enrichir, de transformer ce patrimoine. Une action passive de maintien sans nuance et de protection montre vite ses limites. C'est donc vers une gestion et une création nouvelles qu'il faut s'orienter, ce qui suppose une intervention forte de la société montagnarde sur elle-même, pour être capable à la fois d'intégrer le passé et d'inventer la modernité.

 

4- Un risque grave de déséquilibre.

Le rôle d'équilibre que joue la montagne est, en effet, menacé par les évolutions que connaît la société montagnarde. La montagne est marquée par des mutations rapides qui conduisent à des déséquilibres accentués. Ces évolutions structurelles sont très inquiétantes. C'est ainsi que l'on note une tendance, plus ou moins forte selon les massifs, à une spécialisation de l'économie vers la mono-industrie touristique ou agricole et forestière. Les autres activités sont en recul ou tendent à disparaître. A terme, cette situation de territoire mono-fonctionnel présenterait de graves inconvénients. Par ailleurs, on assiste à une diminution sensible de l'espace humanisé, entraînant paradoxalement une réduction de la biodiversité. Le retrait de l'agriculture et la diminution de la population ont en effet pour résultat de laisser la place aux friches, d'entraîner la fermeture du paysage, une forestation anarchique aggravée par le développement excessif de certaines essences conduisant à une acidification des sols et de l'eau, la réduction de la faune et de la flore.

On constate également, phénomène assez bien corrélé avec les précédents, une perte de diversité de la société. La société montagnarde n'a jamais été unidimensionnelle. Or l'évolution actuelle tend à réduire cette diversité par un repliement sur la seule agriculture et sur la forêt dans les zones les plus défavorisées, par un recentrage progressif sur la seule fonction touristique dans les autres. Sociologiquement, ce phénomène conduit à un réel appauvrissement et à une uniformisation de l'échange social. Enfin, conséquence de ces évolutions, le risque de déstructuration, d'assimilation, et de banalisation de la montagne et de la société montagnarde n'a jamais été aussi grand.

Or la montagne exerce son attrait auprès de la population et joue ce rôle d'équilibre, non seulement parce qu'elle est en mesure d'offrir des espaces naturels de grande qualité, mais également parce qu'elle apparaît comme une société équilibrée dans ses activités et dans ses composantes sociologiques. Sa fonction s'en trouverait très fortement modifiée si cette évolution structurelle inquiétante se poursuivait.

Il n'existe pas en effet d'autre modèle de développement pour les régions de montagne que celui du développement équilibré et donc durable. C'est dans la mesure où la montagne saura maintenir cet équilibre qu'elle sera en mesure d'offrir à nos contemporains une société authentique en même temps qu'un espace de grande qualité.

 

5 - Un danger de banalisation.

Ce risque trouve d'abord son origine dans les grandes tendances d'évolution de la société actuelle qui conduisent à son uniformisation. Mais face à ces tendances dominantes se manifeste, avec de plus en plus de force, un mouvement contraire de recherche et d'affirmation d'identité, de meilleure intégration de la tradition dans la modernité.

Encore faut-il que les politiques conduites appuient ce mouvement. Or ce n'est pas toujours le cas, loin de là. Ces politiques demeurent très centralisées dans leur conception. Elles véhiculent les modèles à partir desquels elles ont été construites, et ces modèles sont évidemment les modèles dominants.

Il en est ainsi, sur le plan communautaire des politiques structurelles, de la politique agricole et rurale. Qu'on le veuille ou non, par souci d'efficacité, les acteurs locaux sont conduits à se couler dans le moule qui leur est offert en donnant la priorité aux moyens qui sont mis à leur disposition et qui conditionne l'accord du partenaire, européen, étatique ou régional.

L'exemple est patent pour l'agriculture de montagne où le régime des primes et de l'organisation des marchés conduit à des évolutions qui se traduiront progressivement par une diminution de la population, du chargement du bétail à l'hectare, du mode d'exploitation des espaces, etc. qui modifieront considérablement les paysages alors même que notre société souhaite leur maintien et que sur le plan économique il n'y a pas de réels problèmes de débouché pour des productions typiques et de qualité.

De même en est-il de l'assimilation de la montagne à une zone rurale et du refus d'y envisager une autre politique que "rurale" qui semblent caractériser la position actuelle et notamment les orientations issues de certains forums récents (cf. Conférence de Cork ou Forum sur la Cohésion). Le concept prédominant de cette politique rurale semble être celui de "diversification". Celui d'une politique de la montagne est "l'équilibre". Il implique la diversification mais la dépasse. Dans un milieu dont le trait dominant est la fragilité, la notion de diversification ne peut être le seul fil directeur. L'équilibre a été le souci prédominant de générations de montagnards qui ne sont pas allés chercher ailleurs leurs modèles. Ce qu'ils ont trouvé par la pratique et l'expérimentation fait l'objet à notre époque moderne et scientifique de théories et systématisations, de concepts qui, tels ceux d'économie montagnarde, d'écologie montagnarde, d'aménagement montagnard, etc. guident l'action concrète et doivent trouver leur accomplissement dans des politiques spécifiques.

C'est à ce prix que la montagne échappera à la banalisation déjà bien engagée et qui fait vite son chemin, et qui contribue à éloigner les jeunes, qui acceptent mal cette réduction de la montagne au concept de la ruralité alors qu'ils vivent tous les jours une réalité bien différente.

 

II  -    L'ENGAGEMENT ACCRU DE L'UNION EUROPEENNE EN FAVEUR DES ZONES DE MONTAGNE EST UNANIMEMENT SOUHAITE.

 

Le souhait de cet engagement accru de l'Union européenne a été maintes fois formulé et par un très large éventail d'organisations et d'instances : représentants des populations de montagne et parlements nationaux, organisations socioprofessionnelles, Etats et régions, organes européens, institutions internationales.

 

1 - Les représentants des régions de montagne se sont notamment exprimés au travers des organisations spécifiquement montagnardes qui les regroupent, entre autres, l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM) en France, l'Unione Nazionale Comuni Comunità Enti Montani (UNCEM) en Italie, l'Association européenne des élus de montagne (AEM) sur le plan européen. Ces organisations ont souvent été relayées au sein des parlements nationaux non seulement par des initiatives individuelles, mais également par des prises de positions de groupes parlementaires. Les organisations représentatives de la montagne ont effectué de nombreuses démarches auprès des Commissaires ou des services de la Commission au cours de ces dernières années. A l'occasion de réunions ou de colloques, elles n'ont pas manqué d'expliciter aux représentants de la Commission leurs positions.

 

2 - Les organismes socioprofessionnels, notamment agricoles, mais aussi ceux qui regroupent les artisans, le commerce, les petites et moyennes industries, etc. n'ont pas été, de leur côté, moins actifs. Leurs commissions spécialisées, leurs groupes de travail, les organismes à vocation spécifiquement montagnarde dans lesquels ils se retrouvent, telle la Fédération française d'économie montagnarde (FFEM) en France, ou Euromontana sur le plan européen, sont également intervenus à maintes reprises auprès de la Commission européenne.

 

3 - Les Etats membres les plus concernés par la Montagne et leurs Régions se sont directement engagés en faveur de leurs zones de montagne. Des politiques spécifiques ont été mises en œuvre comme en Allemagne, en Autriche, en France, en Italie et, à un moindre titre, en Espagne, au Portugal, en Suède. Mais ces Etats sont conscients des limites d'une action nationale dans une Europe communautaire où beaucoup de décisions dépendent directement ou indirectement de l'Union européenne. Plusieurs de ces Etats ont donc attiré à différentes occasions l'attention de la Commission sur la situation spécifique de ces régions. Il y a quelques mois, quatre pays (Autriche, France, Italie, Portugal) déposaient des mémorandums sur la politique agricole et forestière de la montagne mais saisissaient également cette occasion pour élargir la problématique au devenir général de ces zones et aux responsabilités de l'Union européenne à l'égard de celles-ci. Lors du Forum sur la cohésion, quatre Länder autrichiens de montagne (Carinthie, Salzbourg, Tyrol, Vorarlberg) ont présenté un document souhaitant notamment que soit créé " un cadre institutionnel et financier permettant de la meilleure façon qui soit de prendre en compte et d'appuyer les demandes spécifiques des régions alpines et des zones de montagne ". Ces démarches sont restées jusqu'ici sans suite.

4 - Les institutions et instances communautaires ont également pris position en faveur d'une action européenne plus appropriée en Taveui des zones de montagne. Le Parlement européen, par une résolution du 27 mai 1987, le Comité économique et social, par un avis du 28 avril 1988 (confirmé par son avis sur "l'arc alpin, une occasion de développement et d'intégration " en avril 1996), par lesquels ceux-ci approuvaient la création d'un concept global pour les problèmes des régions de montagne, ont invité également la Commission à intervenir. Plus récemment, le Comité des Régions, par un avis du 21 avril 1995, invitait la Communauté européenne à prendre en compte le projet de Charte européenne des régions de montagne élaboré par le Conseil de l'Europe. Le 18 septembre 1997, le même Comité des Régions adoptait un avis sur "Une politique pour l'agriculture de montagne en Europe", aux termes duquel il se prononçait pour une intégration des programmes structurels, des initiatives communautaires et des mesures innovatrices dans un programme global "montagne" avec création d'une ligne budgétaire unique.

 

5 - Le Conseil de l'Europe, qui regroupe quarante pays et l'ONU , ont invité tous les Etats et les Communautés juridiques plus vastes les regroupant à se préoccuper plus particulièrement du devenir de ces régions. Depuis 1978 (1ère Conférence européenne des Régions de montagne de Lugano), le Conseil de l'Europe s'est saisi à plusieurs reprises de cette question et a émis diverses recommandations en direction des pays européens. Il élabore actuellement une convention internationale à partir de la Charte européenne des régions de montagne précitée, au sein duquel il développe une philosophie de la montagne qui reflète bien la culture montagnarde européenne et son ambition traditionnelle de développement équilibré de ce territoire. Les Communautés de travail des Alpes (Arge-Alp, COTRAO, Alpen-Adria, Villes alpines), du Jura et des Pyrénées, constituées à l'initiative même du Conseil de l'Europe, ont adopté des déclarations allant dans la même direction et donné l'exemple de préfiguration de coopération interrégionale et transfrontalière. De son coté, l'ONU, lors de la Conférence de Rio sur l'environnement, a pris également conscience de l'enjeu que représentaient ces territoires et a impulsé une action mondiale en faveur du développement durable en montagne. Ses recommandations ont été reprises et développées lors de la Consultation intergouvernementale pour le développement durable des montagnes - conduite sous l'autorité de la FAO - qui a abouti à l'adoption d'une déclaration commune par les pays européens le 11 octobre 1996 à Trento en Italie.

Ainsi la prise de conscience de la situation de la montagne, de sa spécificité, du rôle quelle joue dans notre société, de son importance territoriale, ont entraîné dans la majorité des pays de l'Europe une réflexion et une recherche sur les politiques à mettre en œuvre pour assurer un développement satisfaisant de ces territoires, pour maintenir la population et l'identité montagnarde et pour préserver les richesses patrimoniales, culturelles et naturelles qu'ils recèlent. Le futur élargissement de l'Union européenne à de nouveaux pays qui comptent des zones de montagne importantes ne manquera pas d'amplifier ce mouvement.

Au vu de ces constations et analyses, on ne peut donc qu'être frappé du manque d'initiative globale de l'Union européenne à l'égard des zones de montagne. Il apparaît particulièrement regrettable - et au demeurant très étonnant - que l'Union européenne se tienne à l'écart de ces grands mouvements et de ces préoccupations, même si elle a montré à l'occasion son intérêt pour une approche plus spécifique du problème environnemental en montagne, notamment en adhérant à la Convention alpine, et en étant partie prenante aux débats du chapitre 13 de l'Agenda 21 de l'ONU.

 

 

   III -      LE DEVELOPPEMENT EQUILIBRE ET DURABLE DE LA MONTAGNE DOIT ETRE RECONNU COMME UN "OBJECTIF D'INTERET COMMUNAUTAIRE".

 

Compte tenu de l'importance du territoire montagnard pour l'Europe communautaire, de la nature, du degré et du caractère spécifique des difficultés qu'il rencontre dans son développement, des enjeux considérables qui s'attachent à une évolution satisfaisante de son territoire, du caractère largement transfrontalier des massifs de montagne, de la nature transnationale des problèmes (sept Etats membres, au moins, sont concernés), il apparaît clairement que la seule façon efficace d'apporter une réponse satisfaisante à la "question montagnarde" est de faire converger les efforts de l'Union européenne, des Etats membres, des Régions vers le développement équilibré et durable de la montagne.

Elever le développement équilibré et durable de la montagne au rang d'un 'objectif d'intérêt européen" apparaît comme le moyen le plus approprié d'assurer la convergence de ces efforts et de mobiliser de nouvelles ressources au service de cet objectif.

Celui-ci s'imposerait en effet à chacun des grands acteurs, Union européenne, Etats, Régions, dans le cadre de ses responsabilités propres. Mais il appartiendrait à l'Union européenne d'indiquer les directions de l'effort et les points d'application de celui-ci, en définissant en concertation avec ses partenaires ce cadre d'action. Dans ce contexte, dans le respect de la subsidiarité, la Commission européenne doit exercer pleinement sa fonction d'initiative en insérant des propositions nouvelles dans la mise en œuvre des grandes orientations de l'Agenda 2000.

Les représentants des zones de montagne invitent l'Union européenne, les Etats, les Régions à définir ce cadre d'action en commun sans tarder afin de l'intégrer dans les réformes engagées dans le cadre de l'agenda 2000.

Dans la perspective de l'élaboration et de la mise en œuvre de ces réformes, les représentants de la montagne présentent cinq propositions :

1- une prise en compte beaucoup plus complète des spécificités et des difficultés propres à l'agriculture de montagne dans la réforme de la PAC,

2- une éligibilité territoriale accrue des zones de montagne à la politique structurelle,

3- la mise en œuvre de programmes "montagne" infra régionaux ciblant parfaitement les spécificités et les problématiques de développement particulières de la montagne au sein des Régions concernées,

4- la mise en œuvre de programmes interrégionaux couvrant les grandes unités géographiques que constituent les massifs, généralement éclatés entre plusieurs Régions, voire Etats,

5- la réalisation d'un vigoureux programme de coopération transnationale sur les principales problématiques de développement, d'aménagement, de protection de la montagne, susceptibles d'orienter les actions nationales et communautaires et de les faire converger dans les mêmes directions.

 

1) - Une prise en compte beaucoup plus complète des spécificités et des difficultés propres à l'agriculture de montagne dans la réforme de la PAC.

Dans la perspective de la réforme de la PAC qui vise à mieux adapter l'agriculture européenne aux exigences des marchés mondiaux et de la libéralisation des échanges, doit être pris en compte le fait que l'agriculture de montagne - compte tenu des très fortes contraintes liées à l'environnement dans lequel elle s'exerce - ne dispose pas de la même plasticité, c'est-à-dire de la même capacité d'adaptation, tant en termes de productions, de structures, de technologies, etc.

Cette caractéristique la distingue fortement des autres agricultures (à l'exception des agricultures nordique et tropicale) et justifie qu'elle fasse l'objet de dispositions particulières la concernant. Là où l'agriculture de plaine s'adapte - tant bien que mal - l'agriculture de montagne disparaît.

Dans la mise en œuvre de la réforme de la PAC, les représentants de la montagne souhaitent que trois principes directeurs inspirent les mesures concernant l'agriculture de montagne.

a. Les dispositions de la réforme de la PAC ne doivent, en aucun cas, conduire à une réduction de la production en montagne compte tenu de la valeur ajoutée que celle-ci apporte à l'économie de la montagne et compte tenu du lien très étroit et très direct, dans ces territoires, entre l'acte de production et le maintien de l'environnement. Au contraire, l'encouragement à l'installation doit être renforcé. Les mesures agri-environnementales doivent apparaître comme un complément à l'acte de production ou à son exercice mais non comme un substitut.

b. L'évolution indispensable de l'agriculture de montagne vers une plus forte valeur ajoutée et vers la qualité - ses meilleures cartes pour lutter contre la concurrence des régions plus productives - nécessitera un effort renouvelé dans les investissements intéressant toute la filière de la production, de la recherche à la commercialisation. Le financement de ces investissements doit être assuré à un niveau qui permette à cette orientation de devenir effective.

c. Le système de compensation des handicaps reposant sur l'ICHN (indemnités compensatoires de handicaps naturels) doit être réévalué pour éviter que ne se creuse l'écart en termes de revenu avec les autres agricultures. Toute contrainte supplémentaire à l'octroi de ces compensations - quelle que soit leur nature conduirait à réduire considérablement l'efficacité de cette mesure et à dégrader la situation relative de la montagne.

En conclusion, il importe au plus haut point que la capacité productive de l'agriculture de montagne soit maintenue au minimum par ces trois moyens.

 

2) - Une éligibilité territoriale accrue des zones de montagne à la politîque structurelle.

L'exclusion d'une partie de la montagne du bénéfice des fonds structurels apparaît comme une anomalie. Elle semble se justifier formellement au regard de la stricte application des critères de richesse utilisés jusqu'ici pour la délimitation de ces territoires. Elle ne l'est pas au regard de la réalité des faits et même de l'esprit de cette politique. En effet dans son principe, celle-ci vise - comme son nom l'indique - non seulement la réduction des disparités, mais également la correction des graves déséquilibres. Elle doit éviter que ne s'installent les mono-productions, favoriser le rééquilibrage des activités, assurer une meilleure structuration du territoire, etc. Elle doit non seulement guérir mais prévenir. Or ce sont ces problèmes auxquels sont confrontées toutes les zones de montagne. L'afflux touristique en montagne, et son cortège apparent de richesses, est tout à fait trompeur pour ce type de zones. Il fait surestimer la situation de la montagne, alors qu'à côté du tourisme, l'agriculture connaît souvent de graves difficultés, les activités traditionnelles déclinent, les paysages se dégradent ou se ferment, etc. Ici le problème est bien d'ordre structurel.

Pour corriger cette erreur d'appréciation, il conviendra donc de ne pas tenir compte seulement de la richesse brute (estimée de plus avec de très fortes approximations au travers du PIB) mais également des charges beaucoup plus importantes qui pèsent sur ces territoires et qui relativisent cette richesse. Des indicateurs existent pour affiner cette appréciation : ils doivent être pleinement mis en œuvre.

 

3) - La mise en œuvre de programmes "montagne" infra régionaux ciblant parfaitement les spécificités et les problématiques particulières de la montagne au sein des Régions concernées.

La mise en couvre de la politique structurelle dans les zones de montagne (au travers des objectifs 1 et 5b) a eu des effets bénéfiques peu contestables. Pour les territoires de montagne qui sont concernés par cette politique (une large partie d'entre eux), malgré certains dysfonctionnements, l'action de l'Union européenne a été particulièrement bienvenue. Elle a permis notamment d'orienter et de mobiliser des crédits importants, de soutenir des programmes de développement local, de financer une grande diversité d'opérations, et ainsi de conforter ou d'entraîner l'effort des Etats et des Régions ainsi que d'autres partenaires, et, de cette façon, de participer à la réduction des disparités.

Cependant les représentants des zones de montagne, ainsi qu'un grand nombre d'observateurs, constatent que ces programmes n'ont pas atteint leur pleine efficacité en zone de montagne par rapport à d'autres régions. Le nombre des projets soutenus et leur effet d'entraînement sur le milieu local apparaissent sensiblement moins performants. Si les infrastructures ont connu une amélioration visible sur cette période de 10 années, les autres paramètres apparaissent moins satisfaisants (activités, services, etc.)

En effet, au regard des handicaps et des caractéristiques particulières que connaissent les territoires difficiles de montagne, cette politique manque d'intensité et d'adaptabilité. Bien proportionnée à une situation moyenne, son impact en est réduit lorsque l'on s'écarte très sensiblement de cette moyenne. Les activités, qui s'y exercent dans des conditions d'environnement nettement plus contraignantes, mériteraient un appui accentué. L'organisation des services, confrontée à un phénomène de faible densité démographique multiplié par les difficultés de déplacement, justifierait une prise en charge plus importante et un soutien beaucoup plus puissant et plus continu. Le réseau des équipements, de toute nature, qui souffrent de graves surcoûts dus aux caractéristiques physiques du milieu, devrait faire l'objet d'un financement beaucoup plus appuyé. D'une façon générale les coûts sont plus élevés en raison des standards écologiques particuliers, des risques liés à des solutions plus innovantes, des réparations des dégâts essentiellement exogènes, etc... .

Ainsi, en n'adaptant pas suffisamment le niveau des interventions à la situation on ne donne pas aux populations des zones de montagne tous les moyens d'être des partenaires actifs, faute pour elles de disposer de ressources propres suffisantes et de moyens d'appui. A contrario, chaque fois qu'ont été mis en œuvre des concours et des appuis de niveau dérogatoire au droit commun, le succès a été acquis. Il en est ainsi, par exemple, de l'installation des jeunes agriculteurs en montagne qui se compare tout à fait avantageusement avec les autres régions.

L'Union européenne doit donc veiller à introduire dans la prochaine réforme des fonds structurels, prévue dans le cadre de l'Agenda 2000, non seulement une incitation, mais également une obligation - dans le respect de la subsidiarité -à prévoir une meilleure prise en compte des situations régionales spécifiques et notamment des zones de montagne.

C'est pourquoi elle doit prévoir, pour que cette souplesse d'adaptation soit réelle, et que soit introduite une plus grande flexibilité, trois catégories de dispositions :

- une possibilité de disposer de volumes de crédits globalement plus élevés quand les régions comportent des zones de montagne difficiles ou des surcoûts qui justifient cette mesure,

- une possibilité d'identifier ces zones au sein du programme régional unique qui est prévu et de leur réserver une enveloppe spécifique de crédits de façon à ne pas les mettre en concurrence totale sur l'ensemble des crédits avec des zones qui sont souvent plus dynamiques,

- une possibilité de moduler les taux de participation et de financement des programmes (politiques structurelles) ainsi que le niveau et la nature des aides nationales (politique de concurrence) pour tenir compte d'une part des difficultés de disposer ou de mobiliser des ressources propres et d'autre part des charges de toute

nature (investissement comme fonctionnement) liées à un environnement difficile et de rétablir ainsi de véritables conditions de concurrence.

 

4) - La mise en œuvre de programmes interrégionaux couvrant les grandes unités géographiques que constituent les massifs, généralement éclatés entre plusieurs Régions, voire Etats.

L'éclatement du territoire montagnard, et notamment des massifs qui le composent, en raison d'un découpage très en dentelle, constitue également un inconvénient important pour la montagne et permet difficilement d'y conduire une politique très cohérente. Dans un souci - certainement légitime - de justice, les Etats se sont efforcés de définir de la façon la plus exacte possible, les zones fragiles ou en retard de développement, compte tenu de l'enveloppe qui leur était impartie. Ils ont donc fait cette délimitation à des niveaux territoriaux souvent très fins. Mais en fractionnant le territoire montagnard, la politique structurelle manque d'efficacité. Elle coupe souvent les fils qui nouent ce territoire montagnard et le structurent ' Elle désorganise ainsi le champ des forces qui donne à ce territoire son unité . Elle frappe quelque peu de myopie les politiques en les cantonnant à une échelle territoriale où les problématiques les plus importantes de développement ne sont perçues que partiellement et où les leviers ne sont pas mis en œuvre sur les points d'appui les plus efficaces. Elle dissocie ainsi action locale et action d'aménagement du territoire qui sont étroitement interdépendantes. L'approche locale vise en effet à soutenir les initiatives locales, l'approche "aménagement du territoire" à mettre en place les conditions les plus favorables à leur émergence.

Les grandes entités territoriales que sont les massifs constituent sans doute le bon niveau pour mettre en œuvre des politiques de montagne plus efficaces, pour assurer la convergence des efforts des Régions, des Etats membres, et de l'Union européenne et pour mobiliser des moyens nouveaux.

Le massif apparaît en effet comme un ensemble constitué de territoires contigus appartenant à plusieurs régions. Il s'agit d'un espace plurirégional. Ce territoire est relativement homogène. Il constitue une unité géographique qui présente des problématiques de développement assez semblables. Les caractéristiques physiques du massif (altitude, relief, climat), sa situation, son histoire commune, ont très logiquement suscité un modèle de développement assez proche sur l'ensemble de son territoire. La population s'est en effet adaptée à la configuration de ce territoire avec les techniques du moment, produisant des systèmes sociaux et économiques qui ont de très fortes parentés. L'agriculture, l'artisanat, l'industrie présentent des formes de développement comparables. L'ouverture sur le monde extérieur a apporté généralement les mêmes bienfaits, mais aussi provoqué les mêmes déséquilibres.

Certes, il peut exister au sein des massifs eux-mêmes, des différences non négligeables dues à leur grande étendue géographique (les Alpes, le Massif Central. les Pyrénées...) ou à leur caractère très linéaire (Apennins), à l'orographie, au climat, aux influences culturelles opposées qu'ils ont pu subir. Sans doute faudra-t-il travailler parfois au niveau de sousensembles pertinents. Il appartiendra aux montagnards et aux Régions d'en décider.

Cette identité des problématiques justifie une approche commune puisque, sur ce territoire, les populations, les collectivités, les activités économiques sont affrontées à des difficultés comparables et disposent d'atouts très similaires. Les unes et les autres ont donc tout intérêt à échanger leurs expériences et leurs préoccupations, à agir ensemble, et à faire reconnaître ensemble cette spécificité.

Dans ce contexte général, le massif apparaît comme le territoire pertinent pour conduire une stratégie de développement équilibré de la montagne car, d'une part il permet une bonne lecture des enjeux, des forces et des faiblesses, des solutions à mettre en œuvre, notamment pour la valorisation du potentiel endogène et, d'autre part, il constitue un cadre territorial où les régions doivent coopérer très utilement puisqu'elles n'ont généralement qu'une vue partielle de l'ensemble du massif.

Il conviendra cependant de trouver le bon point d'application de l'effort. Ne devront en effet être retenues à cette échelle territoriale, que des actions que l'on pourrait qualifier "d'intérêt de massif', et par conséquent, quand celui-ci est éclaté en plusieurs régions, "d'intérêt interrégional" de massif.

On citera parmi ces thèmes de travail et d'action, sans souci d'exhaustivité

- les réseaux de communication qui assurent une desserte interne et externe (désenclavement),

- l'armature urbaine du massif et la complémentarité entre les différentes villes,

- le réseau des espaces protégés (parcs, réserves, sites classés, sites "Natura"... et la gestion des grandes ressources naturelles (eau ... ) ou de la grande faune sauvage (ours, loup ... ),

- les grandes orientations du développement économique et de l'organisation des productions, l'encouragement aux petites et moyennes industries par des initiatives en faveur des petites et moyennes entreprises,

- l'organisation territoriale des services publics et le réseau des établissements les plus importants,

- la définition d'un système d'aide homogène pour l'ensemble du territoire,

- la promotion d'initiatives susceptibles de fédérer les acteurs notamment du développement local, etc.

En fait, les problèmes évoqués ci-dessus ne peuvent être bien abordés et bien traités que dans le cadre d'une coopération interrégionale - voire inter étatique pour les massifs transfrontaliers - dans un contexte communautaire. Cette coopération permet d'ouvrir d'autres horizons aux partenaires, de traiter ces problèmes à une échelle territoriale vraiment pertinente, de donner une nouvelle dimension à leur action et d'en accroître l'efficacité.

Surtout, cette approche interrégionale permet de rendre son unité aux zones de montagne et aux massifs, éclatés entre plusieurs régions. Elle permet à chacune d'entre elles, et à toutes ensemble, d'acquérir une vision globale d'une grande entité géographique. Soulignons enfin, que l'Union européenne a déjà largement souscrit à cette notion de massif en adhérant à la Convention alpine.

 

5) - Le lancement d'un vigoureux programme de coopération transnatîonale sur les principales problématiques de développement, d'aménagement, de protection de la montagne, susceptibles d'orienter les actions nationales et communautaires et de les faire converger dans les mêmes directions.

Au-delà de la diversité des situations locales et des massifs qui doit parfaitement être prise en compte dans les programmes infrarégionaux et dans les programmes interrégionaux de massifs évoqués ci-dessus, les populations de montagne sont confrontées à des problèmes communs et des défis de même nature - qu'elles s'efforcent, d'ailleurs, de relever en commun par-dessus les frontières nationales, qui constituent ainsi le ciment de leur solidarité.

Ces populations, qui manifestent un fort sentiment de solidarité montagnarde européenne, attendent de l'Union européenne et des Etats qu'ils coopèrent, eux aussi, à la solution de ces difficultés. -

Quels sont ces problématiques et ces défis et comment, au niveau de l'Union européenne, apporter une contribution sérieuse à leur solution ?

 

Les problématiques et défis de la montagne européenne.

 

1. Le premier défi est celui du développement d'activités adaptées à un environnement, qui est globalement défavorable à celles qui utilisent de lourds investissements et dépendent étroitement de la proximité des marchés. L'éloignement, voire l'isolement, les difficultés de communication, les surcoûts en matière d'équipement et de fonctionnement, les contraintes liés au climat et à l'altitude, etc. ne mettent pas la montagne dans une bonne situation de compétitivité alors même qu'elle ne bénéficie plus de certains avantages qui avaient constitué des facteurs favorables de localisation en montagne, telle la fourniture d'énergie en quantité et à bon marché. Il est donc désormais indispensable de viser l'installation d'activités à haute valeur ajoutée, utilisant davantage l'investissement intellectuel et l'information grâce aux nouvelles technologies d'information et de communication. Mais, paradoxalement, ces activités s'installent et se développent dans un environnement de caractéristique urbaine où elles trouvent les éléments de leur développement. Il faut donc, par une politique très volontariste, rompre ce cercle vicieux qui veut que le développement appelle le développement.

2. Le deuxième défi est celui de la qualité de la vie et du maintien et du développement et des services - et singulièrement de la présence de l'organisation scolaire, clé du maintien des jeunes en montagne - tout particulièrement dans des milieux de faible densité de population, où cette qualité de vie reste très inférieure à la moyenne européenne, dans un contexte aggravé de difficultés de communication et d'isolement. Le maintien des services, dans un périmètre d'accessibilité à tous et dans un contexte de convivialité, n'est pas actuellement assuré dans une grande partie des territoires de montagne et constitue un frein au développement et une puissante incitation à l'exode.

3. Le troisième défi, celui du retrait de l'agriculture et des phénomènes directs ou indirects qu'il induit. Il atteint la montagne dans de fortes proportions en raison des contraintes de situation que connaît l'agriculture de montagne. Ce mouvement entraîne des conséquences très dommageables dans la qualité de l'environnement, et dans la diversité faunistique et floristique. La pression de la forêt pour l'occupation de l'espace montagnard est excessivement forte, la gestion de ce développement impossible à réaliser sans contrôle etc... .

4. Le quatrième défi est celui de l'équilibre des activités et de leur complémentarité, voire de leur bonne intégration afin d'éviter à la montagne le risque économique d'une mono-activité (ou d'une situation fortement monopolistique) et les inconvénients graves qui s'attachent à cette situation en termes de diversité sociale et culturelle, de concurrence dans l'utilisation de l'espace, etc. Or cette spécialisation de l'économie vers le tourisme - ou vers une activité à forte prédominance agricole ou forestière - a marqué les 30 dernières années.

5. Le cinquième défi est celui de l'intégration des activités humaines et de l'habitat dans un environnement très fragile, de haute qualité paysagère, où les risques naturels sont très présents en raison de la violence de certains phénomènes naturels liés à la pente, au relief, au climat. Le problème est donc celui d'une gestion du territoire qui sache parfaitement utiliser l'espace et concilier intelligemment développement et protection. Cet équilibre reste difficile à réaliser.

6. Le sixième défi est celui de la gestion des ressources naturelles, ce terme étant entendu dans son acception la plus large : ressources physiques (eau, air... ), ressources biologiques (faune et flore). Ce problème est très lié au précédent mais il ne peut être abordé seulement en termes de protection. Il justifie au contraire une gestion active bien intégrée aux activités agricoles et forestières, cynégétiques et piscicoles, tout en ne nuisant pas à l'exercice de celles-ci qui sont souvent à l'origine de la biodiversité de la montagne.

7. Le septième défi majeur est celui du maintien, ou plus exactement, du renouvellement de l'identité et de la culture montagnardes, d'une synthèse satisfaisante entre tradition et modernité. Celle-ci doit éviter le double écueil d'une banalisation trop grande de la montagne qui conduirait à une sévère réduction de la différence que celle-ci affiche dans bien des domaines (habitat, paysages ... ) et du retour à un passé présenté comme la solution de demain.

 

Les actions à engager.

 

Les défis que doit relever la montagne européenne sont donc considérables. Les solutions qui leur seront apportées conditionnent le développement équilibré et durable de la montagne et son rôle dans la société et l'économie européennes. L'Union européenne doit donc aider les montagnards à relever ces défis. Elle est bien placée pour le faire puisqu'elle réunit en son sein la montagne dans toute sa diversité et qu'elle acquiert ainsi une vision globale de la question montagnarde, qu'elle dispose d'une forte capacité d'expertise, et qu'elle a à sa disposition de puissants moyens d'intervention réglementaires ou financiers en synergie avec les Etats et les Régions. La Commission européenne doit prendre des initiatives dans ce sens.

Le programme européen de coopération visant la montagne dont l'Union européenne devrait prendre l'initiative pourrait contribuer très utilement à la solution de ces problèmes en se fixant quatre objectifs.

1. Améliorer la connaissance de la montagne européenne. Un système d'observation européen serait particulièrement utile ; il aurait pour objectif l'observation et l'analyse des phénomènes, de toute nature, qui ont une forte spécificité montagnarde, pour lesquels il y a lieu de disposer de données homogènes et comparables ; en aval ou en amont de ces observations, on pourrait envisager l'engagement de programmes de recherche multidisciplinaires et plurinationaux sur ces questions. Une réflexion de nature scientifique pourrait être alors impulsée. Les représentants des zones de montagne et les milieux socioprofessionnels sont prêts à y contribuer activement.

2. Assurer une confrontation et un échange des expériences et connaissances accumulées dans les différents pays européens. Des rencontres et forums pourraient être organisés périodiquement, des transferts systématiques de savoir-faire organisés.

3. Mettre en œuvre des projets pilotes ou expérimentaux ayant pour objet d'explorer les meilleures voies d'un développement équilibré et durable dans des contextes montagnards variés.

4. Vérifier la cohérence des dispositions communautaires et nationales avec l'objectif de développement équilibré et durable de la montagne et envisager les harmonisations ou ajustements d'ordre réglementaire quand il apparaît que ces dispositions constituent des obstacles à la solution de ces problèmes, notamment dans l'encadrement des aides nationales ou régionales au titre de la concurrence qui pénalisent les régions dont les handicaps ne sont pas pris en compte.

 

Au total, les actions proposées sont d'une double nature.

1. Il s'agit, d'une part, d'identifier et de cibler au sein de la PAC et de la politique structurelle, les zones de montagne et les problématiques de montagne les plus caractéristiques afin de conduire des actions mieux adaptées et renforcées au profit de ces territoires et ainsi d'accroître l'efficacité de ces deux politiques communautaires, nationales et régionales.

2. Il s'agit, en second lieu, d'engager, sous l'égide de la Commission européenne, une coopération "territoriale" entre les Etats et les Régions intéressées par la même zone de montagne (le massif), et une coopération "transversale" sur l'ensemble des défis que doivent affronter les territoires de montagne européens.

La distinction est ainsi faite entre deux formes d'action : l'une qui vise à améliorer, pour les zones de montagne, la mise en œuvre des politiques "classiques" conduites actuellement par l'Union européenne, et l'autre qui a pour ambition de compléter, sous l'égide de celle-ci, les politiques actuelles par des formes innovantes de coopération, territoriale et transversale, qui prépareront, pour l'avenir, des modes d'action communautaire plus intégrés.

Des actions de coopération territoriale, interrégionale ou / et inter étatique, sont déjà engagées dans le cadre d'INTERREG Il. Mais ces programmes, pour intéressants qu'ils soient, manquent de moyens suffisants et bien adaptés par rapport aux problèmes que posent les zones de montagne. Les projets locaux transfrontaliers qui intéressent deux ou trois massifs européens, pour utiles et exemplaires qu'ils soient, apparaissent avec des objectifs et des territoires très limités. D'une façon plus générale les territoires et les problématiques que visent les grandes zones d'INTERREG Il sont beaucoup plus larges (Diagonale continentale, Arc méditerranéen, Arc alpin).

Le cadre d'INTERREG Il paraît donc encore peu adapté à la mise en œuvre de programmes très ciblés que justifient les massifs et les problématiques spécifiques de la montagne qui appellent des actions d'une plus grande intensité et proximité.

Enfin les territoires de montagne, les massifs, devront également être identifiés au sein du Schéma de développement de l'espace communautaire (SDEC), comme des objets de la politique européenne d'aménagement du territoire et, sans les isoler de leur contexte, être considérées dans leur unité et leur problématique propre.

 

CONCLUSION

 

En conclusion, les populations de montagne et leurs représentants comprendraient mal le refus de l'Union européenne d'apporter une considération particulière à leurs problèmes, et de repousser un engagement plus prononcé en leur faveur, alors même qu'est souligné le rôle éminent de ces territoires dans l'Union européenne et que les populations sont invitées à y poursuivre leurs tâches irremplaçables.

La jeunesse, qui seule peut assurer la continuité, et qui se positionne de plus en plus dans son identité montagnarde, ne comprendrait pas qu'on ne lui ouvre pas de réelles perspectives d'avenir. L'Union européenne est donc sollicitée pour aider les montagnards à bâtir un véritable programme pour les nouvelles générations.

Les questions qui sont évoquées tout au long de ce mémorandum appellent une réponse politique. Les représentants des régions de montagne, unanimes, souhaitent que cette réponse vienne vite et s'inscrive dans la réforme en cours de politiques communautaires.

Janvier 1998.

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  anglais.jpg (11320 octets)     A EUROPEAN POLICY FOR THE MOUNTAIN REGIONS

Memorandum from the elected representatives of the mountain regions

AEM - ANEM - UNCEM

 

SUMMARY

  For many years, the populations of the mountain regions and their representatives have been asking the European Union for greater commitment on behalf of these areas. They want the European Commission, or if this is not possible, the governments, to take the initiative and include mountain affairs more positively in Community policies on the occasion of their redefinition within the framework of Agenda 2000.

 

I. Such a commitment by the European Union is fully justified by the situation of the mountain regions in Europe

 The mountain regions are extremely important to Europe. Not only do they represent more than 30% of the surface area and almost 30 million inhabitants, but they also play a considerable economic and social role in Europe, as the source of some of the most sought-after products and social and cultural assets: open spaces and nature; specific, high-quality products; authenticity and originality; culture and tradition, etc. They deserve special attention because their altitude, relief and climate constitutes an extremely original and specific environment which differentiates them clearly from other territories and calls for special treatment. Their natural and cultural heritage is truly exceptional.

But this contribution to the economy and to society, this identity, this heritage run the risk of being diminished, damaged or weakened because of certain developments in mountain society which are resulting in rapid changes: economic specialisation which tends to produce a single-function territory; reduction of the areas subject to manÕs influence which also entails a reduction of biodiversity; decline of agriculture and rural depopulation which leads to the spread of waste land, the obstruction of the landscape, the disorganised expansion of the forests, the gradual disappearance of fauna and flora, etc. These developments cause a real sociological impoverishment, a standardisation of social dialogue and in total, a loss of social diversity.

To this must be added a considerable risk of questioning and loss of mountain identity. This has its origin in the standardisation of society, and is aggravated by the application to the mountains of "ordinaryÊ" policies which offer unsuitable and destabilising development models; by a common agricultural policy that takes little account of the specific characteristics of these regions and by regional structural development policies which put the mountain regions in the same category as rural areas, etc.

A territory which represents 30% of European surface area and a community of 30 million inhabitants, which plays such an important economic and social role in Europe, which displays such a strong identity compared to the rest of Europe, which constitutes a heritage of prime importance and which unfortunately faces a major risk of damage, imbalance and loss of identity, cannot, without serious consequences, be lumped together with other territories for the application of all policies

 

II. There is a unanimous desire for European commitment to the mountain regions

 In recent years, the representatives of the mountain regions have made numerous representations in this direction. The States most affected - which have themselves implemented specific mountain policies - have several times, and in different ways, expressed their desire to see the European Union take the initiative. Within the Union itself, three of its institutions or bodies have long clearly formulated this wish: the European Parliament, in a resolution dated 27th May, 1987; the Economic and Social Committee in two notices, one dated 28th April, 1988 and the other, concerning the Alpine Arc, dated 25th April, 1996; the Regional Committee in two notices, one dated 21st April, 1995 and the other 18th September, 1997. Finally, the two largest international organisations have invited all the States, and the broader legal communities to which they belong, to concern themselves more closely with the future of these regions. In 1978, and several times since, the Council of Europe has issued various recommendations and prepared an international conference on the mountain regions. At the Rio Conference the UN initiated a reflection on sustainable development for the mountain areas which in Europe led to a declaration adopted on 11th October, 1996 at Trento.

Thus, in the majority of European countries, awareness of the situation of the mountain regions, of their specific character, the role they play in our society and their territorial importance, have led to reflection and research into the policies which should be implemented to ensure satisfactory development for these territories, to maintain the mountain population and identity, and to preserve the riches of their cultural and natural heritage. It is astonishing and particularly regrettable that the European Union is apparently remaining aloof from these important movements and concerns, and has taken no general initiative as regards the mountain areas, although it has done so for many other territories

 

III. The European Union must recognise the balanced and sustainable development of the mountain regions as an "objective of European interest "

 

To raise the balanced and sustainable development of the mountain areas to the level of an objective of European interest seems the best way to ensure the convergence of the efforts of the European Union, the States and Regions, and the mobilisation of fresh resources. This objective will command the attention of each of the major players. It is the responsibility of the European Union to indicate the directions to follow and to mobilise these resources in partnership.

 

The elected representatives of the mountain areas invite the European Union, its member States and Regions to define the framework of this common action without delay, so that it may be included in the reforms to be undertaken as part of Agenda 2000. They most strongly desire the European Commission to take rapid initiatives along these lines.

With this in view, they recommend the implementation of five fundamental measures, of which the first three are linked to the adaptation of agricultural and structural policies and the last two to new forms of territorial and cross-territorial co-operation under the aegis of the European Union.

 

¬ The specific inclusion of mountain agriculture within the reform of the CAP. This should make it possible to maintain mountain agricultural production capacity, which would exclude all measures leading to a drop in production and justify a renewed investment effort, and to reinforce the system of compensation for disadvantaged areas.

 

­ Increase the eligibility of the mountain areas with regard to structural policy. This would be achieved by the implementation of criteria taking into consideration not only the resources but also the exceptional expenses borne by the mountain populations. The use of wealth as the sole criterion does not take account of the real situation in the mountain areas.

 

® The implementation of infraregional "mountain" programmes within the structural policy. The aim of these programmes would be the close targeting of the mountain areas and their specific development problems. They should be able to benefit from a special credit envelope to counteract competition from more dynamic regions, as well as from a higher level of financial investment.

 

¯ The realisation of interregional programmes for each massif. These would make it possible to bypass administrative, regional and national frontiers and consider the mountain territory as a whole, and to treat the major problems of planning, protection, and development of the massif at the right level. The territorial level appears particularly relevant to conducting a balanced mountain development strategy because it allows a correct assessment of the issues at stake, the strengths and weaknesses. It would constitute a spatial framework within which the Regions and the member States could cooperate usefully.

 

° The launch, at the initiative of the European Union, of a vigorous programme of transnational co-operation on the main problems of development, planning and protection of the mountains. The challenges facing the various European mountain areas are very much the same everywhere: the adaptation of activities and promotion of endogenous potential, the quality of life and services, the decline of agriculture, the balance and complementarity of activities, integration within a very fragile environment, the management of natural resources, the renewal of mountain identity and culture. A European co-operation programme, initiated by the Commission, must try to provide answers to these challenges in at least four ways: improve knowledge of the European mountain regions through study and analysis; ensure comparison and exchange of knowledge and experience; finance and support pilot or experimental projects; ensure the coherence of community and national provisions with the aim of balanced and sustainable development.

 

The mountain populations and their representatives would have difficulty in understanding a refusal by the European Union to accord special consideration to their problems, and the postponement of a greater commitment on their behalf, at the very time when the outstanding role of these regions in the European Union is being emphasised and their inhabitants are being asked to continue their irreplaceable work.

 

The younger generation, who alone can ensure continuity and who are increasingly identifying themselves with their mountain heritage, compared to the rural concept which they consider too reductive, would not understand why they are being offered no real future prospects in these regions. A valid programme must be built for these future generations.

 

A EUROPEAN POLICY FOR THE MOUNTAIN REGIONS

 

Memorandum from the elected representatives of the European mountain 

January 1998

 

European Association of Elected Representatives from Mountain Areas (AEM)

National Association of Elected Representatives from Mountain Areas (ANEM)

UNIONE NAZIONALE COMUNI COMUNITA ENTI MONTANA (UNCEM)

 

CONTENTS

Introduction

 I. The situation and original character of the European  mountain regions justify a better-targeted and stronger commitment by the European Union.

II. There is a unanimous desire for increased European Union commitment to the mountain areas.

 III. The balanced and sustainable development of the mountain areas must be recognised as an "Objective of community interest".

 - five proposals

- the problems and challenges facing the European mountain areas

 - the actions to be undertaken

 

Introduction 

For many years the mountain populations and their representatives have been asking for a more definite commitment from the European Union on behalf of the mountain areas. So far their requests have remained unanswered.

The representatives of the mountain areas hoped that as part of the preparation of Agenda 2000, provision would be made for a more detailed analysis of the evolution of the major specific territorial areas in the European community, in conjunction with improved targeting of the corresponding policies and adaptation to their particular needs.

Such an action would have appeared justified for several reasons. Current structural policies are more than 10 years old in their present form and would require fairly detailed examination. Spending cuts announced for the future programme must obviously be accompanied by improved efficiency for the regions in greatest difficulty. Finally, a territorial assessment of the effects of the CAP would be particularly advisable at a time when there is increasing interest in the spatial dimension of the agricultural policy.

Such an assessment would show how certain areas - clearly distinguishable from the majority of other territories - evolve at different rates and in different directions and in consequence call for more finely-tuned measures.

 

This is particularly true of the mountain regions, yet there is no mention of them in the analyses and proposals of Agenda 2000. This document contains not even a preliminary answer to the concerns of the representatives of the mountain areas. Indeed, the word "mountain" is not even mentioned. In this respect, the position of the European Commission displays great continuity.

 

Indeed, with the exception of the measures concerning mountain agriculture, which were defined in principle in 1975 and are still applicable, structural policy over the last ten years has contained no specific consideration of these territories. In the absence of a special objective, demanded by some, there has been no programme of special community initiatives for the mountain areas, although many other territorial groups (ultra-peripheral regions, maritime regions, islands, towns and urban areas, coastal areas, specific areas, etc.) have benefited from such programmes or at least from the particular attention of the Commission, in the form of studies and analyses. No communication on this question which might precede a study has so far been presented by the Commission. At most, the mountains are mentioned in the document Europe 2000, but in a purely descriptive form and in the same category as rural areas.

It is as if the mountains were considered as an ordinary territory, with characteristics, difficulties and development problems which can be grouped together with those of other rural areas.

 

The officially expressed position, ne varietur, is as follows: the community policies, particularly the CAP and the structural policies, consider the mountain areas within the "normal" implementation of these programmes.

This answer, which purely and simply lumps the mountain regions in with the rural areas and their policies, does not satisfy their representatives.

On the contrary, everything - their importance for Europe, their strong special characteristics, the exceptional value of their heritage, the serious imbalances which mark them and the risk of loss of identity - tends to distinguish the mountain areas and justify a more finely adjusted, more decided and more specific commitment by the European Union. It is because there is great awareness of this situation and these dangers that a large part of European, indeed of world public opinion, backs this demand for increased commitment on their behalf from the Union and its member States. There is a unanimous desire that the balanced and sustainable development of the mountain regions should be an objective of European interest.

 

I - THE SITUATION AND ORIGINAL CHARACTER OF THE EUROPEAN MOUNTAIN REGIONS JUSTIFY A BETTER-TARGETED AND STRONGER COMMITMENT BY THE EUROPEAN UNION

A territory which represents 30% of European surface area and a community of 30 million inhabitants, which plays such an important economic and social role in Europe, which displays such a strong identity compared to the rest of Europe, which constitutes a heritage of prime importance and which unfortunately faces a major risk of damage, imbalance and loss of identity, cannot, without serious consequences, be placed in the same category as other territories for the application of all policies.

 

¬ The importance of the mountain areas for the European Union

This territory, with its highly specific characteristics, covers a large part of the European Union - approximately 30% - and has a far from negligible population: almost 30 million inhabitants. But the mountain areas represent more than 50% of the surface area of several states of the Union (Italy, Spain, Greece, Austria, Portugal) and more than 20% in France and Sweden, as well as a significant part of Germany, the United Kingdom and Ireland (the 2 latter have chosen to classify them as"Êdeprived areas").

However, it is not so much the size of the territory itself which must be considered as the role these regions play in contemporary European society and economy. They contribute some of societyÕs most sought-after socio-cultural assets. A non-exhaustive list would include: open spaces and nature (vast territories very little influenced by man, ideal to recharge the batteries, to be alone and contemplate nature); high-quality specific agricultural, craft and even industrial products; authenticity and originality (behaviour, way of life, relationships); an original culture and traditions, since the mountain regions have successfully reconciled tradition with modernity. They also play an irreplaceable economic role, notably in the fields of tourism, agriculture and high added-value productions with which they are perfectly at home.

The Europe of 15 is doubtless the part of the world where the mountain areas represent a particularly important factor in its civilisation, which has widely influenced its development and which for this reason retains an important place in its economy, social structure and culture. It should be remembered that in several member States the mountain regions have played a fundamental role in national identity and that they have often figured in the great movements which have influenced the course of history. This historical and cultural influence persists. In short, the concept of the mountains is loaded with significance.

 

­ The special characteristics of the mountain areas

The mountain environment is generally considered, particularly by experts and scientists, as extremely original and specific. This originality is primarily due to its physical characteristics: altitude, relief, climate. These three major geographical components have very largely determined the spatial, socio-economic, environmental and cultural characteristics of the mountain society and its development. In each of these fields the mountain areas display remarkable, singular and specific characteristics.

Apart from these common features, which represent what may be called the "mountain factor", the variability of these parameters produces very varied situations, which are expressed in the personality of each massif, which thus appear as differentiated elements of a single group. The major factor remains that these territories are extremely different from those that surround them, in every respect.

 

® The value of the mountain heritage

Without doubt, the mountainsÕ cultural and natural heritage is one of the most valuable assets of contemporary society.

But this heritage is only rarely the gift of nature. It is very largely man-made, arising from the relations man established with nature, his thoughts and beliefs, which were the essential expression of an agricultural and rural society.

This heritage will not be preserved unchanged, since it concerns above all the living. If this were not the case, the mountains would have been transformed into a museum. The modern age must reinvent a new mountain society, capable of integrating, enriching and transforming this heritage. A passive action of simple maintenance and protection would very quickly show its limits. New methods of management and creation must be found, which supposes that mountain society should intervene strongly in its own affairs, so that it can integrate the past and invent the contemporary.

 

¯ A grave risk of imbalance

The mountainsÕ role as balance is threatened by the changes in mountain society. The mountain areas are affected by rapid, and extremely worrying, structural changes which accentuate imbalance. There is a trend, of varying strength depending on the massif concerned, towards a specialisation of the economy in a single industry, which may be tourism, or else agriculture and forestry. Other activities are in decline or tending to disappear. In the long term, this narrowing of the economy will present serious disadvantages. We are also seeing a significant reduction of the areas subjected to manÕs influence, which paradoxically is causing a reduction in biodiversity. The results of agricultural decline and depopulation have been an increase in waste land, the obstruction of the landscape and uncontrolled afforestation, made worse by the excessive development of certain essences, leading to acidification of the soil and water and the disappearance of fauna and flora.

Another visible phenomenon, not unconnected with those mentioned above, is a loss of social diversity. Mountain society has never been one-dimensional. The current trend is towards a reduction in this diversity with a tendency to rely on agriculture and forestry alone in the most deprived areas, and a gradual recentreing on tourism alone in the others. Sociologically, this leads to a real impoverishment and standardisation of social dialogue. Finally, as a consequence of these changes, the risk that the mountain regions and mountain society will lose their structure, independence and identity has never been so great.

Yet the mountains attract the populations and act as a balance, not only because they are able to offer high-quality natural open spaces, but also because their activities and their sociological components show them to be a balanced society. Were this worrying social trend to continue, this function would be very much affected.

Indeed, there is no possible development model for the mountain regions other than balanced, and thus sustainable development. The extent to which the mountain areas are able to preserve this balance will dictate whether they are able to offer our contemporaries an authentic society and high-quality space.

 

° The danger of loss of identity

The source of this risk lies in the general evolution of modern society towards greater standardisation. However, faced with these dominant trends, a counter-movement for the research and affirmation of identity, and for better integration of tradition in modernity, is growing in strength.

Nevertheless, this movement would also need support from official policies and this is far from being a certainty. These policies remain very centralised in their conception. They transmit the models upon which they are constructed, and these models are naturally those which currently predominate.

This is the case as regards Community structural, agricultural and rural policy. Whether we like it or not, for reasons of efficiency, the local participants tend to conform to the mould they are offered, giving priority to the resources put at their disposal and which condition the agreement with their European, state or regional partner.

 

A striking example is mountain agriculture, where the system of subsidies and market organisation is bringing about changes which will gradually lead to a fall in the population, in the number of stock carried per hectare, in the use of land, etc. and will considerably modify the landscape at the very time when our society wishes to preserve it and when there is no real economic obstacle to finding outlets for typical, high-quality production.

 

The same goes for the placing of the mountain regions in the same category as the rural areas, and the apparent unwillingness of the current administration to envisage any other than a rural policy and, in particular to recognise the shift in direction resulting from certain recent forums (cf. the Cork Conference or the Forum on Cohesion). The predominant concept of this rural policy seems to be "diversification". That of a mountain policy is "balance". It implies diversification but goes beyond it. In an environment whose dominant characteristic is its fragility, the notion of diversification cannot be the sole guideline. Balance has been the main preoccupation of generations of mountain men who have not looked elsewhere for their models. What they discovered by practice and experiment, in our modern scientific age is the subject of theories and systems, of concepts such as mountain economy, mountain ecology, mountain development, etc. which guide practical action and must find their fulfilment in specific policies. This is the price by which the mountain regions will escape from the trend towards loss of identity that has already begun and is rapidly advancing, and which is helping alienate the young people, who dislike seeing the mountains reduced to the level of the concept of rurality, when they themselves live a quite different daily reality.

 

II - THERE IS A UNANIMOUS DESIRE FOR INCREASED EUROPEAN UNION COMMITMENT TO THE MOUNTAIN AREAS

 

 The desire for this increased commitment by the European Union has frequently been expressed by a wide range of organisations and authorities: the representatives of the mountain populations and national parliaments, socio-professional organisations, States and Regions, European bodies, international institutions.

 

¬ The representatives of the mountain regions in particular have expressed themselves through their specific organisations, including the Association nationale des Žlus de montagne (European Association of Elected Representatives from Mountain Areas (ANEM) in France, the Unione Nazionale Comuni Comunitˆ Enti Montani (UNCEM) in Italy and on a European level the Association europŽenne des Žlus de montagne (National Association of Elected Representatives from Mountain Areas) (AEM). Within the national parliaments, these organisations are often supported not only by individual initiatives, but also by declarations from parliamentary groups. Over the last few years, the organisations representing the mountain areas have made many representations to the Commissioners or the Commission departments. During meetings or colloquies they have not failed to explain their position to the Commission representatives.

 

­ The socio-professional bodies, agricultural in particular but also those representing craftsmen, commerce, small and medium-sized industries, etc., have been no less active. Their specialised commissions and working groups and their specifically mountain-oriented general groupings, such as the FŽdŽration franaise dÕŽconomie montagnarde (FFEM) in France, or Euromontana for Europe, have also approached the European Commission on many occasions.

 

® The member States most concerned by the mountains and their Regions have committed themselves on behalf of their mountain areas. Specific policies have been implemented in Germany, Austria, France and Italy for example, and, to a lesser degree, in Spain, Portugal and Sweden. But these States are aware of the limitations on national action in a European Community where many decisions depend directly or indirectly on the European Union. Several of these States have on various occasions drawn the CommissionÕs attention to the special situation in these regions. A few months ago, four countries (Austria, France, Italy and Portugal) presented memoranda on the mountain agricultural and forestry policy. They also seized this opportunity to extend the debate to the general future of these areas and to the responsibilities of the European Union in this connection. At the Forum on Cohesion, four Austrian mountain LŠnder (Carinthia, Salzburg, Tyrol and the Vorarlberg) presented a document requesting the creation of ÒÊan institutional and financial framework to take account of and support the specific demands of the Alpine regions and mountain areas in the best way possibleÊÓ. These representations have so far remained unanswered.

 

¯ Community institutions and bodies have also declared themselves in favour of more appropriate European action on behalf of the mountain areas. The European Parliament, in a resolution dated 27th May, 1987, the Economic and Social Committee, in a notice dated 28th April, 1988 (confirmed by its notice The Alpine Arc, an opportunity for development and integration in April, 1996) by which they approved the creation of a general concept for the problems of the mountain regions, have also invited the Commission to intervene. More recently, the Regional Committee, by a notice dated 21st April, 1995, invited the European Community to take account of the draft European Charter for the mountain regions developed by the Council of Europe. The 18th September, 1997, the same Regional Committee adopted a notice on "A single European policy for mountain agriculture"", in which it pronounced in favour of integrating structural programmes, community initiatives and innovative measures in a global "mountain" programme, with the creation of a single budgetary line.

 

° The Council of Europe, which counts forty countries among its members, and the UN, invited all the States, and the wider legal Communities to which they belong, to concern themselves more particularly with the future of these regions. Since 1978 (lst European conference on the mountain regions, held in Lugano) the Council of Europe has debated this question several times and has issued various recommendations to the European states. It is currently drawing up an international convention, based on the European Charter for the mountain regions mentioned above, in which it is developing a philosophy for the mountains which reflects European mountain culture and its traditional ambition for balanced territorial development. The working Communities of the Alps (Arge-Alp, COTRAO, Alpen-Adria, Villes alpines) the Jura and the Pyrenees, formed at the initiative of this same Council of Europe, have adopted declarations to the same end, and their example foreshadows interregional and crossborder co-operation. For its part, the UN, at the Rio Conference on the environment, has also become aware of the stakes involved and has initiated world action on behalf of sustainable development for the mountains. Its recommendations were taken up and developed by the Intergovernmental Consultation for sustainable mountain development - chaired by the FAO - which led to the adoption of a common declaration by the European states on 11th October, 1996 at Trento in Italy.

 

Thus awareness of the situation of the mountain areas, of their specificity, their role in our society and their territorial importance, have in the majority of European countries given rise to reflection and research on the policies which must be implemented to ensure the satisfactory development of these territories, to maintain the mountain population and identity, and to preserve the riches of their cultural and natural heritage. The future expansion of Europe to include new countries with large mountain regions can only extend this movement.

 

In view of these observations and analyses, one can only be struck by the absence of a general initiative from the European Union with regard to the mountain regions. It appears particularly regrettable - and also very surprising - that the European Union should stand aloof from these major movements and concerns, even though it has occasionally shown interest in a more specific approach to mountain environmental problems, in particular by signing the Alpine Convention and taking part in the debates on Chapter 13 of the UN Agenda 21.

  

III - THE BALANCED AND SUSTAINABLE DEVELOPMENT OF THE MOUNTAIN AREAS MUST BE RECOGNISED AS AN "OBJECTIVE OF COMMUNITY INTEREST"Ó

Given the importance of the mountain territory for the European Community, the kind, degree and specific character of the development difficulties it faces, the considerable stakes involved in its satisfactory territorial development, the largely crossborder character of the mountain massifs and the transnational nature of its problems (at least seven member States are involved) it is clear that the only effective way of providing a satisfactory answer to the "mountain question" is to ensure convergence between the efforts of the European Union, the member States and the Regions towards balanced and sustainable development for the mountain areas.

 

To raise balanced and sustainable development of the mountain areas to the level of an "objective of European interest"Ó seems the most suitable method of ensuring the convergence of these efforts and of mobilising new resources behind this objective.

 

This will command the attention of each of the major players, the European Union, the States and Regions, within the framework of its own responsibilities. But it will be the responsibilities of the European Union to direct the effort and indicate where it should be applied, by defining the guidelines for action in conjunction with its partners. In this context, with due respect for subsidiarity, the European Commission should fulfil its function by initiating new proposals to be included in the implementation of the main lines of Agenda 2000.

The representatives of the mountain areas invite the European Union, the States and the Regions to define these guidelines for common action without delay, in order that they may be included in the reforms undertaken as part of Agenda 2000.

 

The representatives of the mountain areas are presenting five proposals with a view to the drawing up and implementation of these reforms.

 

1. Much fuller consideration, in the reform of the CAP, of the specific nature and difficulties of mountain agriculture.

2. Greater territorial eligibility of the mountain areas with regard to structural policy.

3. The implementation of infraregional "mountain" programmes closely targeting the specific factors and problems of mountain development within the Regions concerned.

4. The implementation of interregional programmes for the main geographical units formed by the massifs, which are generally split between several Regions or States.

5. The realisation of a vigorous transnational programme of co-operation on the main problems of development, planning and protection of the mountain areas, which could steer national and community actions and ensure they converged in the same directions.

 

¬ Much fuller consideration, in the reform of the CAP, of the specific nature and difficulties of mountain agriculture.

 

In view of the reform of the CAP, which aims to fine-tune European agriculture to the demands of world markets and to free exchanges, it must be remembered that mountain agriculture, because of the very strong limitations imposed by its environment, does not have the same flexibility, i.e. the same capacity for adaptation, in terms of production, structure, technology, etc.

 

This distinguishes it from other agricultural systems (with the exception of Nordic and tropical agriculture) and justifies its benefiting from special provisions. Where the agriculture of the plains can adapt to a greater or lesser degree, mountain agriculture disappears.

 

The representatives of the mountain regions would like three guiding principles to inspire the provisions concerning mountain agriculture in the reform of the CAP.

 

1. The reform of the CAP must on no account lead to a reduction in production in the mountains, given the added value that this contributes to the mountain economy and the close and very direct links in these territories between the act of production and the preservation of the environment. On the contrary, incentives for the installation of new farmers must be increased. The agro-environmental measures must be a complement to the act of production or its exercise, not a substitute.

2. The indispensable evolution of mountain agriculture towards a higher added-value and towards quality - its best weapons to fight competition from more productive regions - will necessitate renewed effort towards investment in the whole line of production, from research to sales. Financing for these investments must be sufficient to ensure this orientation can be effective.

3. The compensation system based on the ICHN (compensation system for natural disadvantages) must be revalued to avoid deepening the difference in revenue compared to other forms of agriculture. Any additional restrictions - of whatever kind - on the granting of compensation would considerably reduce the effectiveness of this measure and lead to a deterioration in the situation of the mountain areas.

In conclusion, it is of the utmost importance that the productive capacity of mountain agriculture should be maintained by these three measures as a minimum:

 

­ Greater territorial eligibility of the mountain areas with regard to structural policy

The exclusion of part of the mountain areas from the benefit of the structural funds is an anomaly. It might seem formally justified when viewed according to the strict application of the wealth criteria hitherto used, but not when it is examined according to the real facts and in the spirit of this policy. In principle, this policy is aimed, as its name indicates, not only at reducing disparities but also at correcting serious imbalances. Its remit is to prevent the introduction of single-industry production, encourage the rebalance of activities, ensure better structuring of the territory, etc. It should not only heal but prevent. Yet these are exactly the problems which confront all the mountain areas. The apparent trail of wealth which follows the tourist influx in the mountains is completely misleading here. It leads to an overestimation of the situation in the mountains where, tourism excepted, agriculture is often in serious difficulty, the traditional activities are in decline, the landscapes are deteriorating or becoming obstructed, etc. This is truly a structural problem.

To correct this mistaken appreciation we should take account not only of gross wealth (a very approximate estimation, what is more, based on GDP) but also of the much higher costs which weigh on these territories and which put this wealth into context. Indicators enabling a more exact appreciation do exist, and they should be used to the full.

 

® The implementation of infraregional ÒÊmountainÊÓ programmes closely targeting the specific factors and problems of mountain development within the Regions concerned.

 

The implementation of structural policy in the mountain areas (via objectives 1 and 5b) has had some incontestable beneficial effects. For the mountain territories concerned by this policy (a large part of them) and despite some dysfunctioning, the action of the European Union has been particularly welcome. It has made it possible to direct and mobilise important credits, to support local development programmes, to finance a wide diversity of operations and thus to reinforce or give impetus to the efforts of the States and Regions, as well as other partners, and in this way to help reduce disparities.

 

However, the mountain regionsÕ representatives, as well as many observers, have noted that these programmes have not been so effective in the mountain areas as in other regions. The number of projects supported, and their influence on the local community, seem to have been significantly less impressive. Although infrastructures have visibly improved over this ten-year period, the other parameters (activities, services, etc.) are less satisfactory.

This policy lacks intensity and flexibility with regard to the special handicaps and characteristics of these difficult mountain areas. Well-adapted to an average situation, its impact is reduced when the situation departs significantly from the average. Activities carried out in much more difficult environmental conditions deserve stronger support. The organisation of services, in conditions of low population density aggravated by transport difficulties, would justify a more important initial investment, and much stronger and more continuous support. The network of amenities of all kinds, which has to bear high additional costs due to the physical characteristics of the terrain, should receive much more intensive financing. Generally speaking, the higher costs are due to special ecological standards, risks linked to more innovative solutions, repairing damage from essentially external causes, etc.

 

By insufficiently adjusting the level of intervention to meet the situation, we deprive the mountain population of the means to become active partners, since they lack adequate resources and means of support. A contrario, each time the provisions of common law have been waived over the level of assistance and backing, a successful result has been obtained. This was the case of the installation incentives for young farmers in the mountains, for example, with results that compare very favourably with other regions.

 

The European Union should ensure that the forthcoming reform of structural funds planned in Agenda 2000 will include not just an incentive but also - with due respect for subsidiarity - an obligation to plan for better consideration of the specific regional conditions and in particular the mountain areas.

This is why, to ensure real adaptation and the introduction of greater flexibility, it should include three types of provisions:

- a possibility of disposing of a globally higher volume of credit for regions comprising difficult mountain areas, or where there are additional costs which justify this measure;

- a possibility of identifying these areas within the single regional programme planned and reserving a specific credit envelope for them, so that they are not in direct competition with more dynamic areas for all types of credit;

- a possibility of modulating the degree of participation and financing of programmes (structural policies) as well as the level and nature of national assistance (competition policy) in order to take account of the difficulties of disposing of or mobilising their own resources, as well as the expenses of all kinds (investment and functioning) that are imposed by a difficult environment, in order to re-establish true competition.

 

¯ The implementation of interregional programmes for the main geographical units formed by the massifs, which are generally split between several Regions or States.

 

Because of the very irregular demarcations, the divisions of mountain territory, and in particular of the massifs which form it, are a serious disadvantage for the mountain areas and make it difficult to implement a really coherent policy. With a desire - certainly legitimate - for justice, the States have tried to define the sensitive or slow-developing areas as precisely as possible, in relation to the envelope they have received, , and have made this, often very detailed, territorial mark-off. But this breaking-up of the mountain territory renders structural policy less efficient. It often cuts the links which unite and structure the territory, thus disorganising the field of the strengths which give it unity. It limits vision by restricting policies to a territorial level so that there is only a partial view of the most important development problems and the levers cannot be applied at the most effective points. It this way, it separates local action and area planning, which are closely interdependent. The "local" approach is aimed at supporting local initiatives while the "Êarea planning" approach sets up the most favourable conditions for these to emerge.

 

The large territorial entities formed by the massifs are certainly the right level at which to implement the most effective mountain policies, to ensure convergence of effort by the Regions, member States and the European Union, and to mobilise new support.

 

The massif in fact is pluri-regional, comprising contiguous territories belonging to several regions. It is a relatively homogenous area and forms a geographical unit which presents fairly similar development problems. The physical characteristics of the massif (altitude, relief, climate), its situation and common history have, logically enough, given rise to very similar development models throughout its territory. The population adapted itself to the territorial configuration with the techniques available at the time, producing economic and social systems which have very strong similarities. Agriculture, crafts and industry show comparable forms of development The opening-up to the outer world has generally brought the same benefits and also created the same imbalances.

 

Certainly within the massifs themselves there may be not inconsiderable differences due to their broad geographical spread (the Alps, the Massif Central, the Pyrenees) or to their very linear character (the Apennines), to orography, climate and the opposing cultural influences to which they have been subjected. Doubtless it will sometimes be necessary to work at the level of relevant sub-groupings. It will be up to the mountain populations and the Regions to decide.

 

This identity of problems justifies a common approach since in this territory the populations, the local communities, the economic activities are all faced with similar difficulties and dispose of very similar assets. They all have every interest in exchanging their experiences and their concerns, in acting together, and together obtaining recognition of their specific character.

 

In this general context the massif appears to be the relevant territory from which to conduct a balanced development strategy for the mountains. On the one hand, it makes possible a correct assessment of the stakes involved, the strengths and weaknesses, the solutions to be implemented, particularly to enhance internal potential; on the other hand, it forms a territorial framework within which the regions must cooperate very usefully, since they have generally only a partial view of the whole massif.

 

However, the right point at which to apply effort must be found. On this territorial scale, only actions which can be described as "Êof interest for the massifÊ", or, when it is composed of several regions, the "Êinterregional interestÊ" of the massif, should be chosen

 

The list of themes for work and action given below is not exhaustive.

 

- Communications networks ensuring internal and external service (an opening up).

- The urban framework of the massif and the complementarity between the various towns.

- The network of protected areas (parks, reserves, classified sites, natural sites) and the management of important natural resources (water) and large wild animals (bear, wolf).

- The main lines of economic development and organisation of production, the encouragement of small industries and businesses.

- The territorial organisation of public services and the network of larger establishments.

- The definition of a homogenous aid system for the whole territory.

- The promotion of initiatives likely to unite all the participants, in particular in local development, etc.

The problems listed above can only be successfully addressed within a framework of interregional co-operation - or interstate co-operation, for the massifs which cross international frontiers - and in a community context. This co-operation makes it possible to open up new horizons to the partners, to deal with these problems on a really relevant territorial scale, to give a new dimension to their action and to increase its effectiveness.

 

Above all, this interregional approach makes it possible to restore the unity of the mountain areas and massifs, which are divided between several regions. It enables each individually, and all of them together, to acquire the global vision proper to a large geographical entity. Finally, let us emphasise that the European Union has already widely subscribed to this notion of massif by signing the Alpine Convention.

 

° The launch of a vigorous transnational programme of co-operation on the main problems of development, planning and protection of the mountain areas, which could steer national and community actions and ensure they converged in the same directions.

 

Above and beyond the diversity of situations and massifs which must be taken into consideration in the infraregional and interregional programmes previously mentioned, the mountain populations are faced with common problems and similar challenges, which they also try to face in common, bypassing national frontiers. This cements their solidarity.

 

These populations, which display a strong feeling of European mountain solidarity, expect that the European Union and States should also cooperate in finding a solution to these difficulties.

What are these problems and challenges and how can the European Union provide a serious contribution to solving them?

 

The problems and challenges facing the European mountain areas

 

1. The first challenge is the development of activities to suit the environment. This environment is on the whole unfavourable to activities requiring heavy investment or closely dependent on the proximity of markets. Distance, indeed isolation, communications difficulties, extra costs of amenities and functioning, the restrictions imposed by climate and altitude, etc. reduce the competitivity of the mountain regions at a time when they no longer benefit from certain advantages to attract newcomers, for example large amounts of cheap energy. In future it will be essential to aim at the installation of high added-value activities, with increased intellectual investment and information, thanks to the new information and communications technologies. But paradoxically, these activities tend to settle and grow in an urban environment where they find the factors required for their development. A very authoritarian policy will be required to break this vicious circle whereby development attracts development.

2. The second challenge is the quality of life and the preservation and development of services. Particularly important is the school system, which is crucial to keeping the young in the mountains, especially in areas of low population, where the quality of life remains well below the European average, in a context aggravated by communications difficulties and isolation. In many of these mountain areas at present the continuance of accessible, user-friendly services is uncertain. This handicaps development and is a powerful incitement to leaving.

3. The third challenge is that of the decline of agriculture and its direct or indirect consequences. The mountains are particularly affected because of the situation of mountain agriculture. This trend has very damaging consequences for the quality of the environment and the diversity of fauna and flora. The pressure of the forest on the occupation of mountain space is excessively strong, and this development is impossible to manage without controls.

4. The fourth challenge is the balance and complementarity of activities, and how they can be successfully integrated in order to avoid the economic risk of a single activity (or a situation of extreme monopoly) with its serious disadvantages in terms of social and cultural diversity, competition for the use of space, etc. This specialisation of the economy in tourism or a predominantly agricultural or forestry activity has marked the last 30 years.

5. The fifth challenge is the integration of human activities and habitat in a very fragile environment of great natural beauty, at high risk from the violence of certain natural phenomena linked to the gradient, relief and climate. The problem is one of area management, in order to ensure the correct use of land and the intelligent reconciliation of development and protection. This balance remains difficult to achieve.

6. The sixth challenge is that of the management of natural resources. This term must be understood in its widest sense: physical resources (water, air), biological resources (fauna and flora). This problem is closely linked to the previous one but cannot be addressed simply in terms of protection. On the contrary, it requires active management, which must be successfully integrated with agriculture, forestry, hunting and fishing and without damaging the exercise of these activities, which are often the source of mountain biodiversity.

7. The seventh major challenge is the maintenance, or more precisely the renewal of mountain identity and culture, of finding a satisfactory synthesis between tradition and modernity. This must avoid the twin dangers of excessive standardisation of the mountain areas, which would tend to diminish the individuality which sets them apart in many areas (habitat, landscapes), and the return to a past presented as the solution for tomorrow.

 

The actions to be undertaken

 

We have seen that the challenges faced by the European mountain areas are considerable. The solutions provided will condition the balanced and sustainable development of the mountain regions and their role in European society and economy. The European Union must help the mountain people to take up these challenges. It is well placed to do so since it comprises the full diversity of the mountain areas, which gives it a global vision of the mountain question, it possesses a great store of expertise, and it has at its disposal powerful means of statutory and financial intervention in synergy with States and Regions. The European Commission must take the initiative in this direction.

 

The European co-operation programme for the mountain areas, in which the European Union should take the initiative, could very usefully contribute to the solution to these problems by setting itself four objectives:

 

1. Improve knowledge of the European mountain areas. A European observation system would be particularly useful. Its aim would be the observation and analysis of phenomena of all kinds specifically connected with the mountains, where there is a need for homogenous, comparable data. It would also be possible to envisage the establishment of multidisciplinary and plurinational research programmes on these questions, to precede or follow these observations. A scientific study could then be initiated. The representatives of the mountain areas and the socioprofessional sectors are ready to contribute actively.

 

2. Ensure comparison and exchange of the experiences and knowledge accumulated in the various European countries. Meetings and forums could be organised periodically and systematic exchanges of expertise established.

 

3. Implement pilot or experimental projects and studies with the aim of exploring the best ways of achieving balanced, sustainable development in the varied mountain contexts.

 

4. Verify the coherence of community and national provisions for the balanced and sustainable development of the mountain areas. Plan statutory harmonisation or adjustments if it appears that such measures are an obstacle to finding a solution to the problems, particularly in the supervision of national or regional aid for competitivity where this penalises regions whose handicaps have not been taken into consideration.

 

In total, the actions proposed are of a dual kind.

1. On the one hand, to identify and target the most characteristic mountain areas and mountain problems via the CAP and the structural policy, in order to carry out the most forceful and most suitable actions for the benefit of these territories and thus increase the effectiveness of these two community national and regional policies.

2. Secondly, under the aegis of the European Commission, to implement "ÊterritorialÊ" co-operation between States and Regions concerned by the same mountain area (massif) and "cross-territorialÊ" co-operation for all the challenges which the European mountain territories must face.

Thus two kinds of action are distinguished, one which aims at improving the implementation in the mountain areas of the "ÊclassicÊ" policies presently conducted by the European Union, and the other, which aims, under its aegis, at completing the current policies by innovative forms of territorial and cross-territorial co-operation, which will prepare the way for more integrated methods of community action in the future.

Actions of territorial, interregional and/or inter-state co-operation have already been undertaken as part of INTERREG II. But these programmes, however interesting they may be, lack sufficient well-adapted resources to deal with the problems of the mountain areas. Local, cross-border projects which concern two or three European massifs, however useful and exemplary they may be, involve very limited aims and territories. More generally, the large areas of INTERREG II are aimed at much broader territories and problems (the continental Diagonal, the Mediterranean Arc, the Alpine Arc).

Thus, the framework of INTERREG II still seems somewhat inadequate for the implementation of the precisely-targeted programmes needed to deal with the massifs and the specific problems of the mountain areas, which call for actions of greater intensity and proximity.

Finally, the mountain territories, the massifs, must also be identified within the European economic area development plan as subjects of European land planning policy, to receive individual consideration, but without isolating them from their context.

 

Conclusion

The mountain populations and their representatives would have difficulty in understanding a refusal by the European Union to accord special consideration to their problems, and the postponement of a greater commitment on their behalf, at the very time when the outstanding role of these regions in the European Union is being emphasised and their inhabitants are being asked to continue their irreplaceable work.

The younger generation, who alone can ensure continuity and who are increasingly identifying themselves with their mountain role, would not understand why they were being offered no real future prospects. The European Union is thus requested to help the mountain people to build a valid programme for these future generations.

The questions raised throughout this memorandum require a political answer. The representatives of the mountain regions are unanimous in calling for a quick response which will be included in the current reform of Community policies.

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