L'ASSOCIATION
DE PAYS DE PEIRESC
Bientôt 1 an !
A l'heure où les députés examineront le projet de la loi
d'orientation pour l'aménagement et le développement durable du territoire de Madame
Dominique Voynet, Ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement, l'Association de Pays de Peiresc, créée sous l'impulsion de la
Fondation N.C Fabri de Peiresc, fêtera son premier anniversaire.
Les réflexions prospectives initiées et les actions
menées s'avèrent être des outils intéressants pour les acteurs locaux, plus que jamais
impliqués dans la gestion de leur territoire.
Organe de concertation,
l'objectif de l'association, qui regroupe autour de projets communs les acteurs
socio-économiques des communes de Allos, Annot, Beauvezer, Colmars les Alpes, Thorame
Basse, Thorame Haute et Villars Colmars et la Fondation N.C Fabri de Peiresc, est de
favoriser, par des actions collectives, le développement économique, culturel et social
des Vallées du Haut Verdon et de la Vaïre.
Le territoire du Pays de Peiresc, excentré des grands bassins
de vie économique, est complexe. Riche de sa diversité économique, naturelle et
culturelle, il est parfois difficile à mettre en valeur. Grâce à une meilleure
coordination des efforts entrepris, l'enjeu est de valoriser les atouts et les
complémentarités du territoire et d'intégrer les démarches initiées aux
préoccupations départementales, régionales, nationales et européennes.
Mais pourquoi Peiresc ?
Les actions engagées, parfaitement cohérentes avec les projets
de la loi d'orientation pour l'aménagement du territoire, sont des outils de
communication pertinents auprès des partenaires du développement. Il était donc
important de véhiculer une image forte de notre territoire par l'intermédiaire d'une
personnalité haute en symboles.
Seigneur du village de Peyresq (lieu symbolique de résistance d'un territoire
à ne pas vouloir s'éteindre) de 1604 à 1637, Nicolas Claude Fabri de Peiresc (1580 -
1637) fùt un grand humaniste provençal. Ses découvertes, son érudition et sa
curiosité lui valurent d'être en correspondance avec les savants et les artistes les
plus éminents de son époque (Le P. Mersenne, Gassendi, Valavez, Descartes, Rubens ... ).
Un nom qui invite à la découverte, à l'échange et à la diversité.
Et concrètement s'il fallait résumer ?
L'association, c'est depuis sa création :
un emploi jeune créé en mai dernier pour lequel le Conseil Général et le
Conseil Régional ont donné leur aval ,
4 conférences dans l'été autour de N.C Fabri de Peiresc à Annot (juin
1998), St André les Alpes (juin 1998), Colmars les Alpes (juillet 1998) et Allos
(septembre 1998) ,
2 projets européens dans le cadre du programme d'initiative communautaire pour
le développement en zone rurale sur "l'élaboration d'une démarche opérationnelle
pour la mise en valeur et la protection des zones naturelles en déprise " (gérer
l'espace et le mettre en valeur) et "l'étude de faisabilité sur l'implantation d'un
pôle éducatif interdisciplinaire ", projet auquel plusieurs universités ont
d'ailleurs répondu très favorablement (Université Libre de Bruxelles, Institut
d'Aménagement du Territoire d'Aix-en-Provence, Institut de Gestion de l'Environnement et
de l'Aménagement du territoire de Bruxelles, la Faculté d'Economie Appliquée
d'Aix-Marseille 111 - Antenne d'Arles).
Et pour demain ?
L'association de Pays de Peiresc, qui a déposé des dossiers de
demande de subvention de fonctionnement auprès du Conseil Général et du Conseil
Régional au titre de l'exercice 1999, entend bien faire participer les Vallées du Haut
Verdon et de la Vaïre, avec le concours de l'ensemble des acteurs locaux, à la prochaine
manifestation départementale "art de mai, édition 1999 " dont l'objectif est de promouvoir des
expositions d'arts plastiques.
D'autre part, l'association a programmé un week-end de
festivités autour du thème des origines les 03, 04 et 05 septembre 1999.
Et, si vous souhaitez en savoir plus sur les activités de
l'association de Pays de Peiresc, son Président, Jean KINTS et l'ensemble de ses membres,
vous invitent à assister à la prochaine Assemblée Générale Ordinaire qui se tiendra
le 08 décembre 1998 dans les
locaux de la salle des fêtes de Colmars les Alpes à 17hOO.
Au plaisir de vous y retrouver !
2 ème PARTIE: LES PROJETS DE DEVELOPPEMENT
Cadre des Proiets et problématique générale
Le territoire couvert par l'Association de Pays de
Peiresc se situe au Sud Est du département des Alpes de Haute Provence (665 000
hectares). La zone se situe géographiquement en montagne de Haute Provence.
Le Pays de Peiresc représente 10. 10 % du territoire du
département du 04 soit 7007 5 hectares. il accueille environ 3 710 habitants permanents
qui se regroupent sur les communes d'Allos, de Colmars les Alpes, de Villars Colmars, de
Beauvezer, de Thorame Haute, de Thorame Basse et d'Annot. Cela représente 2.80 % de la
population totale du département des Alpes de Haute Provence.
Il est important de rappeler, que les foyers fiscaux sont quant
à eux multipliés par 4 et que 76.50 % des logements sont en résidences secondaires.
La complexité territoriale
Riche de sa diversité géologique, géographique,
biologique, hydrologique... et humaine, le territoire est complexe de nature.
D'autre part, il fait l'objet de logiques de gestion
territoriale différentes. Les cadres administratifs et législatifs (Parcs, Propriétés
communales, domaniales ou privées... desquels il relève, rendent difficiles une
cohésion territoriale globale d'autant que les attributions et les vocations de l'espace,
qui découlent de ces gestions, sont différentes bien que souvent complémentaires.
Le territoire n'a pas une vocation unique. Des images fortes et
différentes de l'espace sont véhiculées en France et à l'étranger. Il en découle une
communication parfois conflictuelle et peu cohérente.
Les enjeux
Les enjeux en matière économique et sociale sont nombreux.
Le Pays de Peiresc est confronté à de nouvelles réalités
économiques, naturelles et sociales que les acteurs n'arrivent plus à gérer au
quotidien.
Une réelle volonté (et nécessité) de faire collaborer les
décideurs et de coordonner les politiques locales est entrain de s'organiser autour du
projet de création de Pays et c'est ce qu'il est important de soutenir aujourd'hui.
Les communes, regroupées autour d'un projet commun de
développement économique durable, s'efforcent de mettre en place un schéma directeur de
développement autour de projets intégrant la dimension globale du territoire.
Il s'agit de renforcer l'approche transversale du territoire et
de favoriser la coordination entre l'approche économique (tourisme, agriculture,
artisanat, commerce, transport ... ), l'approche sociale (faciliter l'accès aux services
publics et à l'information, adapter les services publics à l'environnement en zone
rurale ... ) et l'approche environnementale (mise en valeur et protection des espaces
naturels ... ) de l'ensemble des acteurs.
Si le projet reste ambitieux, les objectifs, eux, sont de premier ordre :
- Maintenir les activités en place et la dynamique sociale:
éviter que la zone ne se désertifie, que le développement ne transforme de manière
irréversible l'environnement naturel. Penser la préservation et la mise en valeur de
l'environnement dans une perspective d'équilibre économique d'avenir ;
- Aider au développement de la zone rurale et ne pas miser sur
une mono activité hiérarchiser les objectifs pour gagner en cohérence ,
- Gérer le territoire Renforcer la cohésion territoriale et
en montrer la logique , définir des priorités dans un souci de maîtrise du coûts et
ainsi faciliter la programmation des investissements prospectifs :
investissement d'entretien .
investissement de remplacement
investissement de transformation
investissement légal et obligatoire
investissement d'amélioration
investissement de plus value ;
- Désenclaver la zone et mettre en valeur l'enjeu territorial du
développement à l'échelle nationale et locale
- Inscrire la politique d'aménagement du territoire dans la durée et dans un
processus de solidarité financière : harmoniser et renforcer la politique d'aménagement
du territoire.

LE PAYS
Un PHENOMENE NOUVEAU
Le Monde - Régions
du mardi 16 juin 1998
par jean Menanteau
La dynamique des "pays" monte en puissance
Réponse du "local" à la mondialisation, cette nouvelle entité
territoriale séduit de plus en plus d'élus et d'acteurs locaux, bouleversant les
conceptions du développement. Avec vingt et un pays en voie de constitution, la région
Centre est une de celles qui poussent l'expérience le plus loin.
Reportage
Allions-nous faire le pays avec ou sans Bourges là était la question
Lors de la réunion, on ne boit pas plus d'une tasse de café. "Il s'agit de notre
seul détoumement de fonds sociaux!", lance, sous forme de boutade, Alain Tanton,
président du Syndicat mixte de développement du pays de Bourges. Volontairement modestes
sont les bureaux du "pays de Bourges" - un deux-pièces -symboliquement
implantés dans le micro-village de Berry-Bouy, en pleine Champagne berrichonne. Seuls
permanents rémunérés de cette nouvelle structure qui regroupe, au coeur du département
du Cher soixante-six communes et plus de 147 000 habitants : un jeune agent de
développement, dont c'est le premier poste, secondé d'une secrétaire. "Pour le
reste, c'est du bénévolat. Aucun des élus ne perçoit l'once d'une Indemnité', tient
à préciser M. Tanton (UDF-FD), premier adjoint au maire de Bourges, et ancien
responsable du budget de la région Centre.
Selon lui, en effet, le "pays" ne saurait en aucun cas être gestionnaire.
Son rôle ? "Nous devons, d'abord et avant tout, être un espace de projets
fédérateurs qui marquent la volonté des gens de vivre et de travailler ensemble."
Missionnaire dans l'âme, le pays", se veut donc dépouillé de tout apparat. Et l'on
grignote des gâteaux secs lors de cette réunion dont la composition se veut exemplaire.
L'adjoint au maire de Bourges est entouré de maires de communes rurales, représentatifs
de ce terroir à "forte identité naturelle et paysager ".
Au-delà de la formule, que signifie travailler ensemble "D'abord, apprendre à
nous connaître'',, lance Colette Jourdain, maire de Marmagne (1.97,2 habitants)--
"Il y a encore -très peu de temps, les maires des communes. ne se rencontraient
jamais. Le maire de Saint Palais, au nord du département, ne connaissait, pas son
homologue de Levet au sud. Depuis que le pays s'est constitué, nous nous réunissons
chaque mois'. L'esprit de clocher, les rivalités entre communes - encore vivaces dans la
population s'estompent."
Le "pays de Bourges" ne s'est pas fait en une seule étape.
Tout comme les vingt et un pays qui sont aujourd'hui agréés par la région Centre,
lesquels seront "mûrs" à l'horizon 2000 pour contractualiser avec l'Etat dans
le cadre des futurs contrats de plan Etat-régions., De fait, la région a
anticipé, sous
l'impulsion de Paul Masson,
sénateur (RPR) du Loiret fondateur du "pays" de Beauce Çâtinaîs, et
concepteur au milieu des années 70 des contrats régionaux d'initiative locale (CRIL).
L'action actuelle s'inscrit donc dans une continuité.
"Au total, trente à trente-deux pays devraient être
créés", estime Didier Breton, directeur de l'amènagement du territoire de la
région.
Sous son impulsion, vingt et un "agents de développement",
acteurs de terrain, ont été mis en place. Ainsi a émergé une nouvelle profession. Il
s'agit le plus souvent de jeunes gens dotés d'une formation de troisième cycle :
géographes, aménageurs, économistes en agronomie. Le Centre d'études supérieures
d'aménagement de Tours (CESA) est la Mecque de ce métier émergent qui monte également
en puissance en Picardie avec une quarantaine d'agents. "Leur action de terrain est
déterminante, fait valoir M. Breton. Leur rôle ? Répondre aux besoins de la population
en termes de demande sociale, monter des dossiers, éviter les gaspillages inutiles -faire
en sorte, par exemple, que chaque commune ne développe pas sa propre, zone d'activités,
alors que la moitié d'entre elles sont vides de toute entreprise-, détecter les projets
dormants... Bref, mettre en musique, un développement local endogène voulu par les
élus."
Autre, "satisfecit" de taille : Michel Sapin (PS), le nouveau
président de la région, a reconduit lors du vote du budget, la politique de son prédécesseur, Maurice Doucet . 500
millions de francs, tel est le montant significatif, prévu par la région à destination
des "pays" pour, 199 8. Le budget annuel de la région est de l'ordre de 3,5
milliards.
LA RAISON A PRÉVALU
La spécificité du "pays de Bourges" consiste à articuler
les communes qui le composent autour de la ville centre. Une volonté qui va dans le droit fil de celle
affichée par
Mme Marie Madeleine Vlialot, responsable de l'aménagement du territoire
de la région
Centre, première adjointe de Jean-Pierre Sueur, maire (PS) d'Orléans, auteur du rapport
Demain, la ville. Elle souhaite développer, parallèlement aux pays, une politique des
agglomérations . "Allions-nous, faire le pays avec, ou, sans Bourges Là était la
question ! ", s'exclame Alain, Tanton. Dans l'esprit des communes environnantes,
la question, était, réelle, quasi culturelle. "Les campagnes, de peur
de perdre leur identité se, sont toujours défiées de la ville,, et inversement. Nous avions peur de
nous faire "avaler" par Bourges, de ne récupérer que les miettes de la
contractualisation", résume Anne, Zeller, maire de Mareuil-sur-Amon (600
habitants), village limitrophe au département de l'Indre.
De son côté, la ville de Bourges se montrait rétive. Adhérer au
syndicat, n'était-ce- pas devoir partager, avec d'autres, les équipements de tous
ordres, sportifs et culturels, notamment ainsi que l'ensemble des services:
que
financent, pour partie, les impôts locaux des habitants
"La raison a prévalu. Les maires ruraux ont réalisé qu'ils ne
pouvaient réussir seuls une démarche de pays. La ville a réalisé qu'elle ne pouvait
assurer seule son développement, en se coupant de son environnement immédiat",
résume M.Tanton. Que se passe-t-il, aujourd'hui ? Bourges, au sein du pays, est une
commune parmi d'autres, selon le principe "une commune égale une voix". En
dépit de ses 75.000 habitants,
la ville de Jacques Coeur, ne "pèse" pas plus, dans les délibérations, que
Sainte Lunaise, la plus petite commune du département, avec 9-9 habitants. Enfin, pour bien signifier auprès des élus
locaux que la capitale du Berry n'allait pas "cannibaliser" les aides de la
région, il a été décidé que la ville ne toucherait pas un sou. "Mieux,
s'esclaffe M. Tanton, l'adhésion de la ville au syndicat lui coûtera un franc par
habitant
En zone rurale, les réticences paraissent aujourd'hui vaincues, du
moins parmi les maires et leurs conseilleurs, mais sans doute moins parmi la population.
"Les élus veulent de plus en plus d'intercommunalité, dit-on ici, ce qui était
impensable il y a moins de cinq ans."
A ce propos, il est à noter que l'arrivée, en 1995, d'une nouvelle génération d'élus,
plus jeunes, davantage ouverts sur l'extérieur, a contribué à changer la donne.
Le résultat de cette alchimie de terroirs est qu'une foule de projets
naissent dans le bassin de vie et d'emploi, sans que l'on puisse encore préjuger de leur
pertinence. Sont inscrits à la charte de développement deux grands projets
d'aménagement : la remise en navigabilité à des fins touristiques du canal du Berry
véritable trait d'union du pays de Bourges et le lancement d'un "grand centre de la
nature" groupant l'histoire de l'agriculture, à destination du grand public.
PAYS:
61 constatés,
80 en émergence
Les pays sont issus de la loi d'orientation, d'aménagement et de
développement du territoire (LOADT) du 4 février 1995, dite loi Pasqua. Ils peuvent
être constitués lorsqu'un territoire présente une ''cohésion géographique,
culturelle, économique ou sociale" que lui reconnaissent les commissions
départementales de la coopération intercommunale. Ils expriment "'la communauté
d'intérêts économiques et sociaux ainsi que, le cas échéant, les solidarités
réciproques entre la ville et l'espace rural". Les pays bénéficieront d'une
contractualisation financière dans les prochains contrats de plan Etat-Région. Après
une phase d'expérimentation conduite par la Datar en 1995 autour de quarante-deux
"pays tests", les préfets relèvent aujourd'hui 61 pays "constatés",
environ 80 pays "émergents" et autant dits "en réflexion".
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