Natura 2000

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ANNOT: un site Natura 2000

La directive "Habitats"

Aujourd'hui , personne ne penserait à remettre en question la conservation de la cathédrale de Chartres ou de la ville fortifiée de Carcassonne. C'est d'autant plus vrai que nombre d'activités économiques bénèficient directement ou indirectement de la notoriété de ces monuments. Or, notre patrimoine naturel est aussi important que notre patrimoine culturel ou architectural. Belle Île-en-Mer, le mont Ventoux, le bassin d'Arcachon, la chaîne des Puys ou les gorges du Tarn sont des sites tout aussi connus et reconnus, et nombreux sont les étrangers qui nous les envient. Aussi la création d'un réseau européen de sites naturels offre un formidable espoir de développement économique des communes autour de leur patrimoine naturel.

Une chance pour le patrimoine naturel

En 1992, les États membres de l'Union européenne ont décidé de coordonner leur politique de protection de la nature à travers une nouvelle directive : la directive Habitats. Elle vise à recenser un certain nombre de milieux naturels européens, et à mettre en place sur les sites identifiés des mesures garantissant leur préservation. L'ensemble de ces sites formera avec ceux déjà désignés au titre de la directive Oiseaux le réseau Natura 2000. Il s'agit de les protéger à l'avenir de la pollution, de l'agriculture intensive, de l'urbanisation, du morcellement et de la fréquentation humaine. La directive Habitats vise en effet àfavoriser des politiques d'aménagement du territoire et de gestion de l'espace favorables à une meilleure conservation de la nature.

Une France riche de ses habitats

Un grand nombre de milieux naturels sont concernés par la directive Habitats, qu'ils soient rares, fragiles et menacés de disparition, qu'ils soient caractéristiques, exemplaires et représentatifs d'un paysage à préserver des dégradations, ou qu'ils soient nécessaires à la survie d'espèces animales et végétales particulières. La France porte en ce domaine une très grande responsabilité, car elle abrite le patrimoine naturel le plus riche d'Europe. Au carrefour de quatre grands domaines biogéographiques (continental, atlantique, méditerranéen et alpin), notre pays est de ce fait concerné par environ 137 habitats (dont 33 prioritaires) et 138 espèces (80 animales et 58 végétales) identifiés par la directive. Ainsi, nous accueillons près de 70 % du nombre total des habitats d'intérêt européen.

Un inventaire pour un réseau européen

Plusieurs étapes vont aboutir à la sélection des sites. Il s'agit d'abord de dresser l'inventaire des sites pouvant faire partie du futur réseau européen et d'engager des consultations locales avec tous les acteurs locaux. Puis le ministère de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement transmettra une liste de sites potentiels à la Commission européenne. La France a déjà déposé une première liste de plus de 500 sites et ce chiffre devrait dépasser les 800 à la fin de l'année 1998. La Commission arrêtera ensuite la liste définitive des sites sur lesquels tous les États se seront mis d'accord (grâce à la tenue de réunions biogéographiques permettant de confronter les propositions des divers États membres). Une fois cette liste définie, la France sera alors en mesure de désigner en Zone spéciale de conservation (ZSC) les sites français validés par la Commission européenne. Ceux-ci constitueront, avec les Zones de protection spéciale (ZPS) déjà identifiées au titre de la directive Oiseaux, le réseau Natura 2000. Cette dernière étape est prévue pour 2004.

Une concertation pour des objectifs communs

Pour chaque site considéré d'intérêt communautaire, un document d'objectif peut être élaboré dès 1999. Les documents d'objectifs sont à la fois des états des lieux et des propositions permettant aux propriétaires, usagers du site, élus, associations, administrations et organismes publics, de conserver au mieux le patrimoine naturel d'un site dans la pratique quotidienne de leurs activités. Il contient des informations sur les milieux naturels et les espèces remarquables, sur les actions à entreprendre pour préserver ce patrimoine, et sur les aides financières dont les divers gestionnaires peuvent bénéficier. Il s'agit d'un outil d'aide à la décision pour une gestion concertée, conjuguant protection de la nature et développement socio, économique durable.

Une mise en oeuvre dans la continuité

Les différentes phases d'élaboration. des documents d'objectifs sont conduites par un comité de pilotage local présidé par le préfet. Il réunit toutes les personnes morales ou physiques impliquées à plusieurs titres sur le site : maires des communes, représentants des agriculteurs, forestiers, chasseurs, administrations, associations, propriétaires fonciers, etc. Chaque document d'objectifs identifie les modes de gestion nécessaires à chaque site et évalue les coûts de cette gestion. La conservation de ces habitats et des espèces qu'ils abritent n'implique pas forcément d'importants changements dans les pratiques actuelles (parfois identiques aux pratiques passées). Le plus souvent en effet, la bonne conservation des espèces et des habitats de la directive est liée aux activités socioéconomiques pratiquées jusqu'à présent. Les acteurs socio-économiques et les propriétaires fonciers concernés par un site Natura 2000 bénéficieront, le cas échéant, d'aides techniques et financières, d'exonération fiscales et de différents fonds européens (LIFE , mesures agri-environnementales, FEDER , IFOP , FEOGA , etc.). La mise en ceuvre de la directive Habitats offre également aux communes de nouvelles possibilités d'emplois, aussi bien dans les secteurs agricoles que dans ceux du tourisme et des loisirs.

Une invitation à redécouvrir les habitats et leurs espèces

La directive décrit un nombre important d'habitats (environ 250) avec une grande précision botanique. Elle s'intéresse également à 230 espèces animales et 483 espèces végétales. Elle est donc parfois difficile à appréhender pour un public non spécialisé. Cependant il n'est nul besoin d'être un scientifique pour comprendre les principaux enjeux de conservation de la nature qui fondent cette directive. La directive décrit un nombre important d'habitats (environ 250) avec une grande précision botanique. Elle s'intéresse également à 230 espèces animales et 483 espèces végétales. Elle est donc parfois difficile à appréhender pour un public non spécialisé. Cependant il n'est nul besoin d'être un scientifique pour comprendre les principaux enjeux de conservation de la nature qui fondent cette directive.

Ce document présente sous forme de fiches dix groupes d'habitats parmi les plus connus. Il décrit quelques-uns des rôles fondamentaux que ces habitats jouent dans l'équilibre de notre environnement et les principales exploitations socioéconomiques qu'ils permettent de développer. Les orientations de gestion indiquées ont pour but de rappeler que, sans bouleverser les usages et pratiques des, acteurs concernés, il est possible de conserver, voire d'améliorer, la qualité des milieux en question. Pour chaque groupe d'habitats est présentée une espèce représentative (illustrative de la diversité des espèces peuplant le milieu) et considérée comme d'importance communautaire (car en danger, vulnérable, rare, ou endémique).

 

1. Directive 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que la flore et la faune sauvages. 1. Directive 92/43/CEE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que la flore et la faune sauvages.

2. Directive 79/409/CEE concernant la conservation des oiseaux d'eau.

 

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