La Bravade

Remonter St Fortunat 96

LA BRAVADE au PAYS D'ANNOT


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La bravade occuperait, si nous voulions la traiter à fond, de nombreuses pages. Sur ses origines, une première version est avancée : celle d'une fête militaire, instituée par Charles ler d'Anjou, (1226-1285) à son retour de guerre sainte, et qui se célébrait à Aix en Provence; un perroquet devait être abattu ; l'heureux gagnant, déclaré par les magistrats, levait une compagnie d'hommes qui défilaient sous son commandement pour la St Jean avec décharges de mousqueterie. Cela s'appelait " la bravade ".
En imitation de cet usage, on a fait des bravades dans presque toutes les villes de Provence, et cela, à toutes les occasions : fêtes votives, honneur à un visiteur, mariages, etc...
Un grand nombre d'auteurs pense qu'à l'origine, la bravade remonterait à l'époque des sarrasins, où des milices locales se seraient formées pour se défendre ; le danger écarté, elles auraient continué à défiler en souvenir de cette époque. Cette deuxième hypothèse est peut-être valable pour les communes du bas pays provençal, par contre pour la bravade du " pays d'Annot " les historiens sont unanimes pour dire que les sarrasins ne sont jamais montés si haut.
Une troisième hypothèse qui nous était souvent répétée par les anciens était celle selon laquelle " quelques soldats " de nos vallées, s'étant rencontrés au hasard des campagnes napoléoniennes du ler Empire, tout heureux d'être encore vivants, se seraient juré, s'ils revenaient au pays, de défiler chaque année, à l'occasion du Saint patron de leurs villages respectifs, dans leur costume militaire.
Sachant d'une part, qu'à l'époque, les soldats rentraient chez eux avec le statut de " réservistes " et gardaient chez eux leur tenue militaire et que, d'autre part, les bravades dans le canton se faisaient dans plusieurs villages : Ubraye, Méailles, le Fugeret, Braux, St Benoit et Annot, nous pencherons, étayés par la mémoire collective, pour cette hypothèse-ci. Nous n'en tirons cependant pas de conclusions certaines.
Notons que nos plus anciens du pays ont toujours connu déjà de leurs pères, les multiples bravades, avec les mêmes costumes (style ler Empire), sauf quelques zouaves (style Louis Philippe 1831 - conquête de l'Algérie). Elle a connu un arrêt brutal en 1914, nous comprenons pourquoi ; ensuite, elle a connu des hauts et des bas, avec quelques restaurations dans les années 1930. Dans l'ensemble du canton, elle s'arrêta en 1939. A Annot, elle ressuscita dans les années 1958-1960, pour retomber dans l'oubli. Dans l'année 1973, grâce à la reprise de " l'écho de la Vaïre " (notre fanfare), la bravade repartit la même année, avec les conseils éclairés d'un ancien commandant de bravade, dont le père l'était déjà au début du siècle.
Depuis 1973, la bravade se maintient, à quelques exceptions près ; il faut en cela féliciter tous ceux qui l'organisent ainsi que nos vaillants " bravadiaires ".
La Bravade se déroule le jour de la fête locale d'Annot, pour la Saint FORTUNAT qui tombe le jour de Pentecôte.


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